Paray est un sanctuaire phare de la Miséricorde

Benoît_Guédas_portraitLe Père Benoît Guédas, 38 ans, prêtre de l’Emmanuel, familier des sanctuaires de Paray-le-Monial depuis 25 ans et leur recteur depuis septembre 2014, vient d’écrire Le réveil de la Miséricorde. Il témoigne de la rencontre cœur à cœur à laquelle nous invite le Christ. Par Chantal Joly.

Que mettez-vous personnellement sous le mot « miséricorde » ?

La phrase-clé pour moi est celle de l’Exode : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu….» (Ex, 3, 7-8). Lorsque j’explique la miséricorde, je dis tout simplement que l’origine, c’est ce cœur de Dieu qui se penche sur les misères des hommes et dont on voit des signes tout au long de la Bible. Comme, par exemple, lorsque le Seigneur permet à Élisabeth et Zacharie – qui souffrent d’être restés sans descendance – d’enfanter. C’est beau ! Tout l’Évangile insiste sur ce regard de compassion de Dieu sur notre fragilité. Il ne s’agit pas seulement de notre lien au péché et à la confession. La miséricorde déborde la dimension du pardon. « Soyez miséricordieux » reprend le grand commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Tout lieu de culte parle de miséricorde. Quel est le message spécifique de Paray-le-Monial ?

Tout sanctuaire reflète une grâce particulière de Dieu mais Paray est vraiment un sanctuaire phare de la miséricorde. C’est l’un des rares lieux d’apparition du Christ d’une part et c’est celui où Lui-même nous montre son cœur. C’est ici que s’est exprimée sa demande officielle à l’Église universelle que nous soyons miséricordieux. C’est ici que Jésus s’est révélé à sainte Marguerite-Marie Alacoque en choisissant de passer par elle pour répandre les flammes de son amour. C’est ici qu’il lui a demandé réparation pour les pécheurs ainsi qu’une « Heure sainte » de prière pour l’accompagner dans la mortelle tristesse endurée au jardin des Oliviers.

Après la prophétie à Sainte Gertrude d’Hefta, au 14ème siècle, que « la douce éloquence des battements de son Cœur était réservée aux temps modernes afin que le monde vieillissant puisse s’y réchauffer », ce message s’est déployé au 17ème siècle via la personne de sainte Marguerite-Marie, puis au 19ème siècle, avec Thérèse de Lisieux et au 20ème siècle, par sœur Faustine Kowalska (à Cracovie), Jean-Paul II ; jusqu’à Mère Teresa. Le fil rouge est le passage du jansénisme à la religion du cœur.

Quelles sont vos propositions particulières pour cette Année de la miséricorde ?

Nous avons organisé pour les pèlerins une journée spécifique avec une démarche jubilaire sur les lieux saints. Par ailleurs, chaque premier vendredi du mois, un triduum (du jeudi soir au dimanche) propose un chemin pour apprendre à recevoir et à donner la miséricorde : »Jésus, rends mon cœur semblable au Tien ». Une heure de prière est spécialement programmée pour que les personnes malades ou en détresse puissent venir se reposer sur le cœur de Jésus. Dans l’été, onze jubilés de trois jours chacun proposeront également au plus grand nombre de découvrir la grâce de Paray.

Pourquoi avoir titré votre livre sur le « réveil » de la Miséricorde ?

C’est le Pape qui nous y invite. Dans sa bulle d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, il écrit : « Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la Miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père ». Il est urgent que nous montrions que tout chrétien est un autre Christ : quelqu’un qui, sans être parfait, aime comme le Christ. Beaucoup le vivent déjà. C’est l’aboutissement, l’accomplissement de notre vocation de baptisés. C’est aussi notre responsabilité.

Le réveil de la Miséricorde. L'appel du Sacré-Coeur de Jésus à Paray-le-Monial. (Ed. ELe_reveil_de_la_misericorde_08.inddmmanuel, 2015) 

En route vers le Centenaire de la canonisation de Ste Marguerite-Marie

Thème de 2017, année des 25 ans de la canonisation de Claude de la Colombière, directeur spirituel de Marguerite-Marie Alacoque : « Confiance et Amitié avec le Christ « .

Thème de 2018 :  » Je suis venu allumer un feu sur la terre « .

Thème de 2019 :  » Consacrés au Sacré-Cœur « .

Thème de 2020, année du Centenaire : « Disciples bien aimés du XXIème siècle à l’école de Sainte Marguerite-Marie ».

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