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Dans le contexte des tensions et des affrontements entre Israël et l’Iran en mars 2026, les évêques de France expriment leur proximité avec les communautés chrétiennes du Moyen‑Orient. À travers des messages échangés avec les responsables des vicariats apostoliques de la péninsule Arabique, de Chypre ou des Émirats, ainsi que des témoignages venus du terrain, ce dossier propose de découvrir la vie de ces Églises souvent méconnues. Il invite les catholiques de France à porter dans la prière les fidèles confrontés aux conséquences du conflit et à mieux connaître la présence chrétienne dans cette région.

Pour manifester une solidarité concrète, vous pouvez faire un don aux œuvres caritatives par lesquelles l'Église se met au service de toutes les populations :

 

Les évêques de France appellent à la prière, au jeûne et à la solidarité pour le Moyen-Orient

image du logo de la Conférence des évêques de France

Moyen-Orient : les évêques de France appellent à la prière, au jeûne et à la solidarité

Dans un communiqué du 17 mars 2026, la présidence de la Conférence des évêques de France (CEF) rappelle que le chemin durable vers la paix ne peut jamais passer par la guerre et appelle à poursuivre les efforts en faveur du dialogue et de la fraternité entre les peuples.

Le Président des évêques de France a exprimé la plus profonde solidarité de l’Église de France avec la terrible épreuve qu’affrontent les peuples du Moyen-Orient

Le Cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, a adressé une lettre de soutien et de prière à plusieurs responsables d’Églises catholiques au Moyen‑Orient (mars 2026), alors que la région connaît depuis plusieurs jours une nouvelle phase d’affrontements particulièrement meurtrière.

Dans ce message, il exprime, « au nom de l’Église », sa proximité et sa profonde solidarité avec les peuples durement éprouvés par la violence. Il souligne la gravité de la situation, marquée par l’intensité des combats et par les lourdes conséquences humanitaires qu’ils entraînent.

Cette lettre a été adressée notamment à Mgr Paolo Martinelli, vicaire apostolique d’Arabie méridionale ; au cardinal Bechara Boutros Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient ; au cardinal Dominique Mathieu, archevêque de Téhéran‑Ispahan ; au cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche des chaldéens de Babylone ; au cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; à Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique d’Arabie du Nord, ainsi qu’à Mgr Bruno Varriano, évêque auxiliaire et vicaire patriarcal pour Chypre.

« Dans le fracas des armes qui sèment destruction, douleur et mort, ce sont, comme toujours, les plus vulnérables — et notamment les enfants — qui en subissent les conséquences les plus lourdes », écrit-il, assurant de sa prière pour toutes les personnes touchées par cette nouvelle guerre.

Le président de la Conférence des évêques de France s’associe également à l’appel du Pape pour que « la diplomatie retrouve pleinement son rôle » et que soit recherché le bien des peuples, dans la perspective d’une coexistence pacifique fondée sur la justice.

L’Église de France salue la présence des aumôniers des communautés francophones des régions touchées par le conflit 

Le père Barly Kiweme, aumônier au service des Communautés catholiques francophones dans le monde (CCFM) de la Conférence des évêques de France, adresse un message fraternel de proximité et de soutien aux communautés et aux acteurs pastoraux présents au Moyen-Orient. Dans un contexte marqué par de fortes tensions et des situations éprouvantes, il salue leur présence fidèle auprès des fidèles et les assure de la prière et de la solidarité de l’Église.

Chers confrères, chers aumôniers,

Paix et Bien !

Au nom du service des Communautés Catholiques Francophones dans le Monde de la Conférence des évêques de France, de l’équipe basée à Paris et de l’ensemble du réseau des CCFM, je souhaite vous adresser un message fraternel de proximité et de soutien.

Dans les circonstances particulièrement éprouvantes que connaissent plusieurs régions du Moyen-Orient, nous pensons à vous avec une attention toute particulière. Votre présence pastorale, souvent discrète mais fidèle, au cœur de situations de tension ou de conflit, est un témoignage précieux de l’Évangile. Par votre ministère, vous portez la consolation, l’écoute et l’espérance auprès des communautés qui vous sont confiées, et vous rendez visible la sollicitude de l’Église pour chacun.

Nous vous encourageons à poursuivre cette mission avec courage et confiance, en demeurant attentifs aux réalités locales et vigilants face aux situations parfois fragiles ou incertaines. Prenez soin de vous-mêmes autant que des personnes qui vous sont confiées : votre présence est précieuse.

Sachez que vous n’êtes pas seuls. Nous restons profondément unis à vous dans la prière et dans la communion ecclésiale. N’hésitez pas à vous tourner vers nous chaque fois que cela sera nécessaire. L’équipe de Paris, tout comme le réseau des communautés catholiques francophones dans le monde, demeure disponible et attentive à vos besoins, afin de vous accompagner au mieux dans votre mission.

Que le Seigneur vous garde dans sa paix, vous fortifie dans votre ministère et soutienne les communautés que vous servez. Que l’espérance chrétienne continue d’éclairer votre chemin et celui des peuples au milieu desquels vous vivez.

père Barly Kiweme, aumônier des CCFM

Le Dicastère pour les Églises orientales appelle à une mobilisation accrue pour la Collecte du Vendredi Saint en faveur des chrétiens de Terre Sainte, toujours menacés par la guerre persistante et l’émigration

Cher confrère,

Comme nous avons espéré que la paix puisse enfin ramener la vie et l’espérance en Terre Sainte ! Les prétendus dialogues et accords se sont multipliés, et en même temps les armes ne se taisaient pas. On dit avoir atteint la paix mais, même si les médias en parlent beaucoup moins qu’auparavant, les armes continuent à tirer, les gens meurent, les terres sont disputées, les chrétiens émigrent pour sauver leur vie. Même les écoles manquent d’enseignants, ceux-ci n’étant plus autorisés à franchir la frontière pour s’y rendre.

Je sais que m’adresser à vous et à la famille chrétienne dont vous êtes le responsable est de plus en plus difficile parce que, d’année en année, les mots deviennent répétitifs. Je sais qu’il est de plus en plus difficile de panser et nettoyer, tant que cela est encore possible, les blessures de ce monde si atrocement déchiré. Nous, chrétiens, nous ne pouvons qu’espérer, parce que Dieu est notre espérance et qu’Il ne peut nous abandonner. Ce Crucifix accroché dans nos chambres, comme dans nos lieux sacrés, est le signe que la vie est plus forte que la mort, quoique passée par la mort. Nous devons changer : de mentalité, de sensibilité, de priorités dans la vie quotidienne, parce que ce monde nous déshumanise progressivement et nous ne nous en rendons même plus compte.

N’oublions jamais de prier, car Dieu est notre espérance. J’en viens maintenant, à vous proposer un petit geste qui va précisément dans le sens de cette conversion, de ce changement : donner un peu de notre argent pour aider nos frères et sœurs en danger extrême, pour vivre un jour de plus, pour retrouver la possibilité d’espérer et de recommencer. C’est un geste important pour eux, vital pour la Custodie de Terre Sainte qui veille depuis longtemps sur les lieux marquants de la vie du Seigneur Jésus. Il s’agit d’un geste important pour nous aussi car il nous aide à comprendre que, sans sacrifice, sans transformation de notre existence, si nous restons inertes dans ce monde à feu et à sang, nous risquons de devenir complice des pyromanes.

Ce geste se concrétisera presque partout dans le monde précisément le Vendredi Saint – certaines communautés ayant choisies une autre date –, jour où l’on fait mémoire de Celui qui a donné non pas une aumône mais sa propre vie, remettant son dernier soupir qu’est l’Esprit Saint pour que ce monde guérisse et recommence à espérer contre toute espérance. Les Papes ont voulu ce geste et continuent de le vouloir, convaincus qu’ils sont que c’est seulement dans la paternité, le partage et l’amitié solidaire que l’on peut reconstruire et retrouver le projet d’humanité voulu par Dieu dans l’acte de la création.

Pour vivre, votre contribution est également nécessaire. De très nombreux chrétiens de Terre Sainte ont tout perdu, y compris le travail qui venait de l’accueil des pèlerins. Aujourd’hui, presque tous, par peur, n’osent plus s’aventurer dans ces régions. Nos frères et soeurs dans la foi qui habitent les Lieux Saints savent qu’avec votre contribution, et peut-être seulement grâce à elle, quand bien même leur sécurité ne peut être garantie, verront au moins leurs écoles recommencer à fonctionner, de nouvelles maisons être construites et, là où la destruction a été totale, certains soins à nouveau garantis. Imaginez ! D’abord les bombes, puis les catastrophes naturelles ont ravagé leur terre en la rendant parfois inhabitable, sans parler du nombre toujours croissant de victimes sans qu’il y ait un seul jour pour pouvoir vivre sereinement.

Je vous prie de bien vouloir faire écho, avec les mots qui conviennent le mieux à la sensibilité de votre peuple, de notre devoir de prendre soin de la Terre Sainte comme de tant d’autres lieux dévastés. Montrez des images, sensibilisez-le à travers les mille-et-une sources qui rendent accessible l’harassement quotidien des chrétiens contraints de survivre sur leurs propres terres. Il y a tant de moyens à notre portée, à commencer par les appels des Papes et des pasteurs engagés sur place.

Efforçons-nous que notre peuple arrive à la Collecte conscient que donner est un signe fort de sa foi, qu’une Terre Sainte sans croyants est une terre perdue, qu’elle risque de perdre définitivement sa mémoire vivante et la continuité avec la source-même du Salut qui nous a régénéré dans le Christ.  Exhortez, persuadez, éveillez les consciences, appelez à la solidarité pour cet unique Corps du Christ qu’est l’Église, répandue dans toutes les terres de ce monde. Un sacrilège n’est pas seulement un acte accompli contre l’Eucharistie ; un sacrilège est aussi l’acte accompli contre le Corps du Christ qui est l’Église. Saint Augustin insistait sur ce principe : lorsque vous recevez le Corps du Christ à l’autel, vous devez être conscient que vous recevez ce que vous êtes ! « Devenez ce que vous voyez et recevez ce que vous êtes » (Serm. 272).

Je suis convaincu que notre peuple, votre peuple, ne sera pas insensible à cet appel vibrant qui renforcera, ou même simplement l’entrainera, dans ce que le Baptême à inscrit en chacun, le désir universel de faire le bien qui nous prépare à rencontrer Dieu. Le Pape Léon XIV n’a cessé de rappeler à l’esprit et au coeur cet engagement à être un, pour qu’il y ait la paix : pas une trêve provisoire ni de haine éternelle ; pas de dépenses inconsidérées pour l’armement mais une contribution à la renaissance commune. « Je voudrais remercier Dieu pour tous ceux qui, dans le silence, dans la prière, dans le don de soi, tissent des liens de paix, ainsi que les chrétiens – orientaux et latins – qui, surtout au Moyen-Orient, persévèrent et résistent sur leurs terres, plus forts que la tentation d’abandonner ces terres. Il faut donner aux chrétiens la possibilité, et pas seulement en paroles, de rester sur leurs terres avec tous les droits nécessaires à une existence sûre. Je vous en prie, engagezvous pour cela ! » (Audience aux participants au Jubilé des Eglises Orientales, 14 mai 2025).

Combien de fois j’ai pu visiter personnellement ces minorités chrétiennes qui se réveillent chaque jour avec la peur de ne plus trouver d’espace pour exister ! Aidez-nous à leur donner une espérance concrète, pas seulement des paroles de consolation, parce que nous qui leur rendons visite savons que nous rentrerons chez-nous alors qu’eux resteront avec leurs peurs, et même la terreur d’être physiquement éliminés, précisément parce qu’ils sont chrétiens. La Collecte pour la Terre Sainte, avec l’aide quotidienne inestimable de nos frères franciscains et de ceux qui animent et travaillent ces communautés locales, est une goutte d’eau dans l’océan ; mais cet océan, à force de perdre des gouttes d’eau, risque de devenir un désert.

Puisse le Seigneur bénir abondamment tous ceux qui, en ce Vendredi Saint, se sentiront redevables de la vie reçue et coopérateurs d’une création qui rendra la Jérusalem terrestre plus proche de la Jérusalem céleste. Je vous remercie, cher confrère, d’avoir pris le temps de m’écouter. Que le Père soutienne vos efforts pour la paix et votre contribution en faveur de ceux qui sont des victimes innocentes de la guerre. Jusqu’à aujourd’hui, Caïn et Abel coexistent. Et pourtant, le Fils de Dieu nous a montré que, s’il fallait choisir, on ne doit jamais prendre la vie de l’autre, mais donner sa vie pour lui.

Claudio Card. Gugerotti, Préfet

Michel Jalakh, O.A.M. Archevêque Secrétaire

Récits et témoignages par régions du Moyen-Orient

>> Au Liban

Nous faisons appel, comme et avec le Saint-Père, à la diplomatie, sachant que la guerre ne résout

Réponse du cardinal Béchara Raï, patriarche maronite, à la lettre du cardinal Jean‑Marc Aveline

Bechara Rai

>> En Irak

En tant qu’Église, nous soutenons les efforts de paix et les solutions diplomatiques à travers le dialogue courageux.

Réponse du Cardinal Louis Raphael Sako, Patriarche des Chaldéens (jusqu’au 10 mars 2026)
à la lettre du Cardinal Jean-Marc Aveline

Cardinal Louis Raphael Sako

>> En Arabie du Nord (Arabie Saoudite, Koweït, Bahrein, Qatar)

Restons unis dans la foi et la charité, en veillant particulièrement sur les personnes âgées, les malades et les plus vulnérables.

Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique d’Arabie du Nord
dans une communication officielle en date du 28 février 2026

portrait de Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique d'Arabie du Nord

Dans le Golfe Persique sous tension, l’Église maintient la prière et le dialogue

Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique de l’Arabie du Nord (AVONA), accompagne depuis janvier 2023 les communautés catholiques du Bahreïn (où se trouve le siège du vicariat), ainsi que celles d’Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar. La région est aujourd’hui marquée par une forte escalade militaire ; depuis fin février 2026, des frappes américano‑israéliennes sur l’Iran ont été suivies de ripostes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe.

>> En Arabie du Sud (Émirats arabes unis, Oman, et Yémen)

Mgr Paolo Martinelli, OFM, vicaire apostolique d'Arabie méridionale

Nous sommes tous préoccupés par la situation internationale au Moyen-Orient et par ses développements. Avant tout, j’en appelle à vous tous, chers fidèles du Vicariat apostolique d’Arabie méridionale, afin que vous demeuriez calmes et sereins

Mgr Paolo Paolo Martinelli, OFM Cap, vicaire apostolique d’Arabie du Sud
dans une communication datée du 28 février 2026

>> À Chypre

Au niveau ecclésial, nous affrontons cette situation critique avec l’unité des Églises. Orthodoxes, arméniens, catholiques (latins et maronites), anglicans et presbytériens, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois ces derniers jours pour prier et implorer le don de la paix

Réponse de Mgr Bruno Varriano, OFM, vicaire patriarcal pour l’île de Chypre à la lettre de Mgr Jean-Marc Aveline

Mgr Bruno Varriano, vicaire patriarcal pour Chypre

>> En Terre Sainte

Comme vous l’écrivez avec justesse, la violence qui s’abat une nouvelle fois sur le Moyen-Orient frappe avec une intensité toujours plus tragique, et ne sont les plus vulnérables – en particulier les enfants – qui en portent le poids le plus douloureux.

Réponse du Cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem à la lettre de Mgr Jean-Marc Aveline

Cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem

>> En Iran

Pour manifester une solidarité concrète, vous pouvez faire un don aux œuvres caritatives par lesquelles l'Église se met au service de toutes les populations :