Présentation de la pastorale de la santé

Les personnes envoyées par l’Eglise dans le monde de la santé précisent leur mission :

Une attention à la santé de toute personne…

• Selon le 7ème plan gouvernemental : « La santé est un mouvement d’adaptation : elle est capacité de s’adapter à un environnement qui change ; capacité de grandir, de vieillir, de guérir aussi et, au besoin, de souffrir et finalement d’atteindre la mort en paix » : mourir vivant.
Notre santé est un capital à gérer. La bonne santé est une chance, un don à préserver, un « talent » à mettre au service de ceux qui sont en mauvaise santé, physiquement, mentalement, psychiquement et socialement.

• Cette attention à la santé se propose à toute personne dans l’état de santé qui est le sien et dans la réalité de son corps vulnérable. En allant à la rencontre de l’autre, souffrant, malade, âgé, isolé et /ou handicapé, nous privilégions l’attention à la personne. Notre compétence d’écoutant et le refus de l’isolement sont notre manière de prendre soin.

• En lien avec les personnels soignants et administratifs, avec tous les partenaires qui interviennent dans la prise en charge de celui qui souffre, y compris dans tous les lieux de questionnement éthique (de la naissance à la fin de la vie).

qui se manifeste par une présence…

• « J’étais malade et vous m’avez visité » Matthieu 25, 36. C’est au visité que le Christ s’identifie et non au visiteur. Aller à la rencontre de l’autre, le visiter, se faire proche de lui, prendre le temps de l’écouter et rompre sa solitude, c’est passer de la seule intervention du ministre du culte à un « ministère de la présence », mission portée par toute une équipe qu’elle soit paroissiale ou d’aumônerie. Dans le respect des convictions de la personne rencontrée, sans prosélytisme et sur le seuil de ses questionnements. « Etre pauvre de soi. Faire de soi un espace où l’autre puisse respirer sa vie. » M.Zundel. Visiter, c’est s’offrir une hospitalité réciproque.

• Une présence à « tous » : Nous sommes tous porteurs de la même humanité, de la même appartenance au « monde de la chair » et des mêmes aspirations spirituelles. Solidaires les uns des autres, toute exclusion ampute la communauté, toute blessure à l’un de ses membres atteint tout le corps. Qu’il s’agisse de la communauté humaine ou de la communauté ecclésiale (1 Co 12,22- 26). Choix d’une présence à toutes les situations, y compris limites, présence qui ne peut se vivre que dans un « être ensemble », parfois jusqu’au silence…

• La visite comme premier sacrement, ou sacrement du « frère ». Depuis la visite de Marie à Elisabeth jusqu’au lavement des pieds en passant par le Bon Samaritain, la rencontre et le soin de l’autre sont devenus le « premier sacrement », c’est à dire le lieu qui révèle un Dieu qui se fait proche, et qui nous donne les uns aux autres.

dans la foi au Christ pascal…

• L’attention aux personnes malades ou fragiles est, depuis Jésus-Christ, le signe majeur de la Bonne Nouvelle et de la venue du Royaume. Difficile pour une communauté qui ne se soucierait pas de ses membres fragiles de s’affirmer chrétienne.

• Jusqu’aux situations les plus extrêmes, depuis l’incompréhension de Job jusqu’ au grand silence du Samedi Saint. Si nous ne pouvons « descendre aux enfers » avec l’autre, nous croyons que le Christ s’y rend présent et qu’Il est victorieux.

• « Dieu était là et je ne le savais pas. » St Augustin. Le travail de la foi est relecture en Eglise, en équipe, et re-co-nnaissance. C’est faire un bilan qui discerne l’action de l’Esprit. « Notre cœur n’était -il pas tout brûlant ? » Luc 24,32

et qui se donne des moyens.

• Une formation initiale et une formation continue dans les deux domaines des sciences humaines et de la foi.

• Une vie d’équipe : l’équipe est le lieu du soutien réciproque, un lieu de vérité des relations (voire de gestion des conflits), un lieu de formation, d’information et de transmission, un lieu de relecture et d’écoute de l’Evangile, un lieu de convivialité, un carrefour pour être en lien avec d’autres équipes.

• La rencontre et la complémentarité avec d’autres acteurs du soin et avec d’autres acteurs diocésains et ecclésiaux.

Cela définit une manière d’être en relation…

• Une attitude positive : un monde à aimer tel qu’il est, là où il est, comme il est … et même s’il est en mauvaise santé !

• Une attitude prophétique : le plus fragile est mon semblable et il est à l’image de Dieu.

• Dans la conviction que la « chair » est le lieu du spirituel.
« Si vous ne devenez spirituel jusqu’en votre chair, vous deviendrez charnel jusqu’en votre esprit » St Augustin. Nous croyons que Dieu divinise ce que l’homme humanise.

pour des enjeux de société.

• Pour une société plus solidaire, plus fraternelle, plus humaine: aller à la rencontre, se rendre présent, créer du lien, lutter contre l’isolement et la souffrance, rendre leur place aux personnes handicapées et aux personnes les plus fragiles, et rechercher une vie de partage. Faire reconnaître l’action de la Pastorale de la Santé dans ces objectifs.

• Dans le cadre légal de la laïcité. Celle-ci est une chance pour notre foi qui n’est pas prisonnière du politique, de l’économique ou du social. Laïcité exigeante : tant par les compétences qu’elle requiert, à juste titre, de notre part, que par le respect de l’autre qu’elle nécessite. Laïcité parfois mal interprétée et lieu d’un véritable enjeu de société.

• C’est l’humanité de l’homme qui est en question dans un monde qui privilégie la jeunesse, la bonne santé, l’efficacité et la réussite, et qui refuse les limites et la finitude. C’est choisir de ne pas exclure et de ne pas se couper de la part souffrante de l’humanité : elle nous concerne ou nous concernera tous un jour ou l’autre.