Au cœur du cercle de silence

Initiés par les frères franciscains de Toulouse en 2007, les cercles de silence se multiplient partout en France. On en recense aujourd’hui une centaine, composés de citoyens de tous horizons (chrétiens, athées, militants associatifs, etc.). Tous réunis pour dénoncer la situation des sans-papiers. Témoignages recueillis par Stéphane Laforge.

Marie Josée Roux, retraitée, Toulouse

J’ai rejoint les cercles de silence avec mon mari dès les premières éditions en 2007. Cette forme de manifestation m’a beaucoup attirée. Nous avons eu auparavant des vies professionnelles très engagées, cette heure de silence nous convient bien aujourd’hui. Ce silence interpelle plus que des slogans. Nous sommes dans une attitude de non-violence. La présence de personnes différentes me frappe. La dernière fois, il y avait à ma droite un grand patron d’une entreprise toulousaine et à ma gauche, un syndicaliste de Force Ouvrière. Pendant une heure, je réfléchis, je prie, pense aux sans-papiers que je connais. Je prie aussi pour nos dirigeants, ceux qui doivent exercer le pouvoir, une chose difficile. Savent-ils ce qui se passe ? Pourquoi ce décalage entre la vie et les directives données ?
 

P. Gérard Vimard, prêtre accompagnateur de la pastorale des migrants, diocèse de Bayeux et Lisieux

Nous avons organisé une série de cercles de silence. Le premier a eu lieu à la gare maritime de Ouistreham d’où partent les migrants pour l’Angleterre. Nous étions plus d’une centaine devant le poste de secours sur la plage. J’ai trouvé cela très impressionnant : les passants se taisaient en nous voyant, ils lisaient les panneaux explicatifs, repartaient en chuchotant. D’autres cercles de silence auront lieu dans le centre-ville de Caen afin de toucher un nombre plus grand de personnes. Enfin, en juin, nous donnerons rendez-vous pour une chaîne humaine à Ouistreham. Cette manifestation tranche avec les manières habituelles, c’est une autre façon de se positionner. De plus en plus, les communautés chrétiennes sentent qu’elles ne peuvent pas vivre l’Évangile sans porter le souci de l’accueil des migrants.
 

Jean-Jacques Boy, membre du Réseau Education Sans Frontières (RESF), Besançon

Le premier cercle de silence a eu lieu le 14 février dernier. Par prudence, la durée de la rencontre a été fixée à trente minutes. Pour cette première, 145 personnes se sont retrouvées sur la place de la Révolution et près de 500 tracts explicatifs ont été distribués. J’apprécie cette forme d’action car elle réunit des gens d’horizons différents, des personnes qui ne sont pas forcément des engagés ou des manifestants de la première heure. Cette action permet de ne pas rester uniquement entre militants associatifs. D’habitude sur les manifestations, on retrouve souvent les mêmes personnes. Samedi dernier, je ne connaissais pas la moitié des 145 personnes présentes. Je ne me situe pas dans une démarche de prière comme certains des participants mais je porte un regard curieux et respectueux sur cela. Le cercle de silence est une initiative nouvelle qui attire le regard sur la question des sans-papiers.
 

Cercle de silence Saint-Denis

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