Denis Viénot : « Il est indispensable que les évêques prennent la parole »

Comment recevez-vous ce texte ?

denis_vienot_portrait

Je trouve assez intéressant de dégager trois facteurs de transformation : « développement des techniques », « homogénéité culturelle », « individualisme et bien commun ». Il me paraît important de rappeler les principes : le respect de la dignité, l’attention aux plus faibles, le développement des coopérations avec d’autres pays et la recherche de la justice et de la paix.
C’est un genre littéraire compliqué : on ne sait jamais jusqu’où il faut aller dans le détail. L’avantage, c’est qu’un certain nombre de sujets sont abordés. L’inconvénient : on ne voit pas quelles sont les vraies priorités. Il est indispensable que les évêques prennent la parole. Je trouverais intéressant qu’ils reprennent, dans les mois qui viennent, trois thèmes prioritaires de façon plus approfondie.
 

Quels points de discernement retenez-vous et pourquoi ?

Je retiens ce qui est dit sur l’économie et la justice (« la correction des écarts »), la coopération internationale et l’immigration. Dans les débats politiques français aujourd’hui, en dehors de la Libye qui est un sujet en soi, on n’aborde l’international que par le biais économique et financier. Les évêques ont raison d’en parler par celui du partage, du développement des institutions internationales.
 

Comment la démarche de Chrétiens en Forum croise-t-elle la réflexion des évêques ?

Nous organisons cette année un cycle d’une douzaine de conférences dans toute la France. Deux ont déjà eu lieu à Paris, une à Strasbourg, une à Moulins. Suivront Digne, Besançon, Annecy, Nancy… Sur ce thème des « enjeux de l’élection présidentielle », certaines idées dominent, présentes d’ailleurs dans le texte des évêques. Ce sont d’abord les questions de pauvreté, d’inquiétude économique, de mondialisation, de justice dans la répartition. Il y a aussi la qualité du personnel politique, jugée insuffisante. Michela Marzano, philosophe estime que c’est une question de confiance. Stéphanes Rozes, président de CAP-Conseil, enseignant à l’IEP de Paris et à HEC, parle d’une « double cohérence ». La cohérence entre une opinion publique et une personne mais aussi celle entre les idées d’une personne et le sentiment qu’elle peut les mettre en œuvre… ou non.
 

« Présidentielles. Quels sont les enjeux ? »

« Comment garder l’homme au coeur de nos missions ? » à Digne le 15 octobre
Forum à Besançon le 21 octobre avec Dominique Quinio, directrice de La Croix.
Forum à Annecy-le-Vieux le 16 novembre avec Patrick Peugeot, président de la Cimade et René Valette, ancien président du CCFD-Terre Solidaire et des Amis de La Vie.
« Les chrétiens et l’Europe » au collège des Bernardins à Paris le 19 novembre avec Mgr Van Luyn, président de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) ; Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, président de la Conférence des Eglises européennes ; Pasteur Jean-Arnold de Clermont, ancien président de la Fédération protestante de France ; Pasteur Claude Baty, président du Conseil de la Fédération Protestante de France ; Frère Gabriel Nissim op, ancien président de la Commission des droits de l’homme de la conférence des organisations internationales non gouvernementales.

Président de Chrétiens en Forum, Denis Viénot réagit à « Élections : un vote pour quelle société ? », déclaration des évêques de France en vue des élections de 2012. Il invite notamment les évêques à développer les points de discernement qu’ils estiment prioritaires.
 

Sur le même thème