Prieuré Saint François d’Assise et fête de la Création dans l’Orne (61)

2016_ClaudeetPaul_avec_chevalDiocèse de l’Orne

Frères Missionnaires et Sœurs des Campagnes

Témoignage du frère Emmanuel Derkenne

La Carneille

 

 

Charte de la Création et Prieuré St François d’Assise

Suite au travail demandé par le Chapitre de 2003 sur la Création, un groupe de travail composé de frères missionnaires des campagnes, de sœurs des campagnes et de laïcs a élaboré une charte de la Création en 2008 en lien avec les communautés et les groupes de la ‘Communion’ ; Que fais-tu de la terre ? Que fais-tu de ton frère ? comprend 9 articles : par ex. n° 1 Et Dieu vit que cela était beau ! (Gn 1,25,31) La création est un cadeau ; la vie est un don. Apprends à remercier pour la vie donnée, reçue.

« Cette charte invite à penser le développement en termes de création. Cela engage la qualité des relations tissées avec la nature, entre les personnes et entre les pays. Nous pouvons « récapituler toutes choses dans le Christ » parce que « tout est créé par Lui, en Lui et pour Lui. »

Cette charte a été reprise lors du chapitre de 2009 qui demande (Communications aux frères p. 9) :

à chaque Frère et à chaque Prieuré de voir concrètement ce que nous vivons de cette charte.
quels moyens nous prenons pour être acteurs avec d’autres dans ce monde qui bouge.
Le même chapitre formule un souhait pour le Conseil régional de France (afin qu’il) :

travaille un nouveau projet qui tienne compte des mutations actuelles du monde rural et de l’évolution de l’Eglise.
Concrètement, des recherches se sont faites et ont abouti à la fondation d’un nouveau Prieuré – le prieuré St François d’Assise – le 21 octobre 2012 dans le diocèse de Sées (Orne).

Notre style de vie est simple ; nous faisons à tour de rôle la cuisine, les courses dans le village ou dans d’autres commerces. Nous avons des relations simples avec les gens à travers les contacts que la vie nous donne. Cela transparait naturellement dans les activités que nous avons – travail salarié, engagements pastoraux ou associatifs.

Groupe « Chrétiens et Ecologie dans le bocage »

Le groupe « chrétiens et écologie » répond à l’une des préoccupations de ma communauté d’être présents, entre autre, à ce qui se fait en matière d’écologie. Dans la convention établie entre la congrégation et le diocèse de Sées, il est précisé que les frères auront dans leur projet missionnaire la volonté de vivre au mieux la charte de la création (cf. ci-dessus). Le projet de démarrage se situe lors de l’installation du prieuré qui a mobilisé largement autour de la mission rurale du diocèse, de la paroisse d’Athis et du village. Dans l’atelier « Chrétien et écolo ? », Etienne Fels, président de la communauté protestante du bocage avait témoigné de sa foi et sur ses convictions écologiques. Avec Isabelle Davy, nous avions demandé à celles et ceux qui le désiraient, de mettre leurs coordonnées sur une feuille. Depuis le début, nous avons vécu 16 rencontres qui sont de 7 types différents : partage à partir d’un livre (2), partage d’expérience (2), témoignages de personnes extérieures au groupe (4), échange à partir d’un film, DVD (2), sorties botaniques (2), partages bibliques (2), bilan et prospective (2). Le groupe composé en moyenne d’une dizaine de personnes se retrouve environ tous les deux mois.

La Fête de la création

Il convient de noter que, dans le Loiret, le groupe « Chrétiens et Ecologie » a vécu sa 8ième édition de la fête de la création.

Celle de La Carneille s’est vécue en collaboration avec l’Eglise Protestante Unie du Bocage et les sœurs de St François d’Assise de Bagnoles de l’Orne. Une ligne directrice se dégage :

Démarrage sous la halle par un accueil en musique, présentation des animateurs des divers ateliers du matin idem pour l’après-midi, clôture par une célébration incluant des éléments des divers ateliers. Présentation des œuvres créées, chants, Notre Père, bénédiction finale dite conjointement par le pasteur et par un frère. Enfin un verre de l’amitié est partagé dans l’église.

Cette année, à la salle des fêtes, une table ronde a été animée par Etienne Fels de l’Eglise protestante unie du bocage, avec 4 témoins. Ceux-ci répondent à tour de rôle à la question de notre responsabilité individuelle ou collective par rapport au réchauffement climatique et au sens que l’on peut donner à notre vie. Le père évêque est venu pour saluer les intervenants.

  • Pour Michel L. du CCFD-Terre Solidaire, c’est par un ami parti pendant 5 ans en Equateur qu’il est venu à un système solidaire planétaire.
  • Pour Jean-Marie V., c’est une visite en Allemagne qui lui a fait prendre conscience que son système fourrager contribuait à la déforestation de l’Amazonie, ce qui l’a fait adopter la méthode ‘Pochon’ (prairies à base de graminées et de trèfle blanc).
  • Pour Christine F., faire pour une cantine scolaire une cuisine à base de produits locaux, entraîne une diminution du nombre de kms et à un impact direct par rapport aux émissions de gaz à effets de serre.
  • Pour fr. Paul, qui a travaillé 10 années en maraîchage bio, c’est la relation à la nature qui compte. Grâce au jardin, on est autonomes au point de vue légumes.

Les enfants ont été nombreux (40) et des activités ludiques leur ont été proposées :

  • Un jeu de société « Planète en jeu » leur a fait découvrir comment nous pouvons consommer plus ‘local’ pour limiter le réchauffement climatique.
  • Sous la halle, le fil rouge climatique fait office d’atelier intergénérationnel : les enfants réfléchissent à la question : « le réchauffement climatique : et Dieu dans tout ça ? ». Leurs remarques sont écrites sur des papiers rouges, accrochés  à un fil rouge : le fil rouge climatique. Les adultes sont interpellés pour réagir.
  • Un atelier « ramassage de papiers »  mobilise bon nombre d’équipes de jeunes.
  • Un autre atelier leur a fait fabriquer des moulins à eau et à vent.