Aumônerie des prisons

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La mission de l’aumônerie catholique des prisons est de rencontrer et d’accompagner les détenus qui le lui demandent dans l’enceinte des établissements carcéraux.

Envoyés en mission par l’Eglise catholique, les aumôniers sont présents dans les 187 établissements pénitentiaires du territoire français.

Au 1er avril 2016, l’aumônerie catholique comptait 665 aumôniers. Parmi eux 472 laïcs, 37 religieux ou religieuses, 103 prêtres et 53 diacres. On comptait 240 femmes et 425 hommes.

Les aumôniers ont des statuts différents selon les fonctions qu’ils assument, fonctions qui sont reconnues par le code pénal.

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Actualités

L’aumônerie des prisons, des origines jusqu'à nos jours

Avec Monsieur Vincent une aumônerie de prison se structure

Epoque Constantinienne (IVe siècle)

L’Eglise connaît la paix et accède au pouvoir ; elle va se soucier de tous les prisonniers et obtenir même le droit d’asile pour les fugitifs (419), la libération des prisonniers le jour de Pâques ou pour l’intronisation d’un évêque, voir pour les besoins de certaines processions

XIIe siècle

Quand l’Eglise institua ses propres prisons (12e siècle), il y eut alors deux types de prisons : celles relevant du Seigneur ou du Roi, dont les conditions d’existence étaient abominables et celles relevant de l’Eglise et réservées aux tonsurés où le régime était plus humain et dont la peine de mort était bannie.

XVIIe siècle

Le 6 février 1619 Monsieur Vincent est nommé aumônier réal des galères par Louis XIII : « c’est ayant compassion desdits forçats et désirant qu’ils profitent spirituellement de leurs peines corporelles ». Par cette nomination, une aumônerie officielle s’étoffe, se structure et le rôle des aumôniers se précise : être autant attentifs aux besoins matériels que spirituels des prisonniers.

« Les pauvres ne sont-ils pas les membres affligés de Notre Seigneur ? Ne sont-ils pas nos frères ? si les prêtres les abandonnent, qui voulez-vous qui les assiste ? De sorte que s’il s’en trouve parmi vous qui pensent qu’ils sont à la mission pour évangéliser les pauvres et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non temporels, je réponds que nous les devons assister en toutes manières ».

Lorsqu’en 1748 les geôles sont remplacées par les bagnes (bateaux amarrés au large de certains ports), l’Eglise y sera présente, soit en la personne des aumôniers, soit par celle des curés des paroisses avoisinantes.

Le siècle des lumières ouvre une ère nouvelle, des criminalistes, tel Beccaria, vont s’inspirer de philosophes et des encyclopédistes pour réformer autant la conception de la peine que son exécution.

La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (1791) ouvre à l’humanisation de la peine et de son exécution (le 31 mai 1791, la Constituante supprime la torture et adopte la guillotine). Les châtiments corporels sont remplacés par la prison qui est alors conçue comme une peine dont le but est d’amender le coupable, cela à l’exemple d’expériences chrétiennes Outre-Atlantique et de certains monastères : c’est la prison qui devient peine et peine principale, en remplacement des châtiments corporels. Mais elle est, elle aussi châtiment et elle n’est en fait que châtiment.

Mais que ce soit sous la Convention ou l’Empire, bien vite le sécuritaire l’emportera sur les droits des individus et leur amendement. La place des aumôniers se réduira alors à la célébration du culte le dimanche et les jours de fêtes.

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Avec la Restauration (1816 – 1830), l’Eglise reprend pied dans la Société et la religion apparaît comme essentielle dans l’amendement des coupables. L’aumônier prend une très grande place dans les prisons ; le 25 décembre 1819, les aumôniers reçoivent un statut officiel, des commissions charitables administratives sont créées ; « Bien rétribué, il est entouré d’égards qui marquent encore plus son rang au-dessus de tous les employés ». On s’inspire des établissements anglais et américains, ainsi de ce qu’en disent de nombreux exilés revenus en France pour concevoir de nouveaux régimes d’incarcération. Des sociétés sont fondées pour visiter les prisonniers.

Compte-rendu de la réunion de l’Inspection Générale des prisons du 12 avril 1841 concernant le « projet d’institution d’une aumônerie générale pour les prisons » : « considérant que dans l’intérêt du service moral et religieux des prisons, il importe que les emplois d’aumôniers soient confiés à des prêtres éclairés, dévoués et déterminés à les accepter par esprit de charité et par vocation….. est d’avis….que le personnel de l’aumônerie soit composé d’un évêque qui porterait le titre de grand aumônier et de trois ou quatre ecclésiastiques placés sous ses ordres… Que la nomination du grand aumônier soit faite par ordonnance royale. Qu’enfin les ecclésiastiques attachés à l’aumônerie soient nommés par le grand aumônier et agréés par le ministère.

 

En 1841, des religieuses regroupées dans la congrégation des sœurs de Marie-Joseph et de la Miséricorde remplacent progressivement les surveillantes laïques dans de nombreux établissements.

Cette expansion du religieux dans les prisons suscitera bien des critiques et des suspicions de la part de l’Inspection Générale des prisons qui demandera :

  • Une formation sérieuse des aumôniers, nommés par le préfet sur proposition de l’évêque ;
  • La séparation des pouvoirs spirituels et temporels
  • La création d’une aumônerie générale des prisons.

Il faudra attendre la seconde République (1848) pour voir les jeunes être séparés des adultes dans les prisons françaises. Des colonies agricoles sont ouvertes, encadrées par des religieux.

Avec le second empire (1852-1870), c’est le sécuritaire qui s’impose de plus en plus :
transportation aux colonies (efficace moyen « d’amender l’homme par la terre et la terre par l’homme »), suppression des visiteurs de prisons. Mais aucun changement concernant le statut des aumôniers.,

En 1866, une congrégation voit le jour : les sœurs de Béthanie, fondée par un dominicain le père Jean Joseph Lataste (béatifié en 2012), qui accueille indistinctement d’anciennes détenues et des jeunes filles de « bonne famille ».

Sous la IIIe république (1870-1940), la justice pénale reçoit mission de « protéger la société, d’éliminer les criminels nés et les délinquants d’habitude et de mettre en sureté…les autres ».

Les « lois laïques » restreignent progressivement la présence de l’Eglise dans tous les secteurs de la vie publique. Des aumôniers restent admis dans les prisons comme dans tous les établissements publics à internat pour que soit respectée la liberté de conscience des détenus (c’est toujours à ce titre que nous sommes admis dans les prisons !).

Pas moins de 80 établissements départementaux seront construits jusqu’en 1910, dont beaucoup sont encore en fonction.

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Un fort courant de laïcisation se dessine qui aboutira à l’éviction du religieux dans les prisons. Les aumôniers ne seront plus salariés (1905), les religieuses seront expulsées de 12 établissements sauf Saint Lazare et le dépôt de la préfecture de Paris (1906, 1907). Les aumôniers des prisons militaires seront supprimés (1908).

En 1911 l’administration pénitentiaire dépendant du ministère de l’intérieur est transférée au ministère de la justice.

En 1923, un décret rappelle, avec de nouvelles restrictions, la place du religieux en prison et le rôle des aumôniers. C’est le modèle des actuels règlements intérieurs des Etablissements.

Après la dernière guerre, à la demande des Cardinaux et Archevêques de France, le père Rodhain créé l’aumônerie générale des prisons, après avoir mis sur pieds l’aumônerie des prisonniers de guerre.

Le 6 février 1947, une ordonnance définit le rôle des aumôniers : « l’aumônier est nommé et démis par le Garde des Sceaux. Il apporte aux détenus les secours de la religion et les visite individuellement ou en groupe, en vue de les aider dans leurs efforts de redressement. Il ne doit exercer qu’un rôle spirituel ».

En 1954, un congrès international des Aumôniers de prison se tient à Fribourg.

En 1955, l’Aumônerie Générale Catholique crée une commission nationale composée des divers types d’établissements.

En 1965, la commission nationale va être étoffée par des représentants régionaux des neuf régions pénitentiaires.

En 1978, paraît le premier numéro de la « Lettre aux Aumôniers ». La commission nationale devient le Conseil national et sa composition n’a pas changé depuis.

Une circulaire ministérielle du 29 janvier 1980 a pour objet l’agrément des Ministres du culte catholique. L’autorité religieuse à consulter pour la constitution des dossiers de candidature reste l’évêque, mais également l’aumônier général des prisons pour les aumôniers à temps plein ou à temps partiel pour les maisons d’arrêt importantes et les établissements pour peines, l’évêque et l’aumônier régional pour les petits établissements.

A partir de 1981, le congrès de l’aumônerie qui avait lieu tous les dix ans, a lieu désormais tous les 5 ans.

Pour la première fois en juillet 1984, les premiers diacres, les premières religieuses et les premiers laïcs arrivent dans l’aumônerie, collaborant avec des aumôniers et préfigurant ainsi l’aumônerie de demain.

En octobre 1985 le conseil national rend compte de son nouveau fonctionnement : c’est sa première réforme d’importance.

En 1987, la « Lettre aux Aumôniers » devient la « Lettre aux Aumôneries ».

En juillet 1988, deux circulaires concernent :

  • L’agrément des aumôniers titulaires (rétribué ou bénévole) des établissements pénitentiaires.
  • La nomination d’auxiliaires bénévoles et les conditions d’exercice de leur mission :

« Un auxiliaire bénévole pourra être nommé dans tout établissement pénitentiaire, quel que soit sa capacité, dans la mesure où il serait dépourvu des services d’un aumônier rémunéré ou bénévole, un auxiliaire bénévole pourra être agréé à raison d’un auxiliaire pour deux cent détenus… pour une durée de deux ans renouvelable.

Les auxiliaires d’aumônerie ne seront pas autorisés à avoir des entretiens individuels avec les détenus, cette fonction étant dévolue aux visiteurs de prison dans les conditions fixées par le CPP… »

En 1994, deux circulaires règlementent la nomination des aumôniers et des auxiliaires bénévoles d’aumôneries. Les auxiliaires bénévoles (prêtres, diacres, laïcs, religieuses) ont la responsabilité des rencontres des détenus en groupe. A propos des auxiliaires bénévoles, une mesure reste en vigueur : « un auxiliaire bénévole d’aumônerie pourra être nommé dans tout établissement pénitentiaire, quelle que soit sa capacité, dans la mesure où il serait dépourvu d’un aumônier rémunéré ou bénévole.

Un auxiliaire pourra être agréé à raison d’un auxiliaire pour deux cent détenus, dans les établissements de grosse capacité pourvus d’un aumônier rémunéré ou bénévole. Pour les établissements pourvus d’un aumônier rémunéré ou bénévole dont la population pénale n’atteindrait pas deux cent détenus, ce quota pourra être ramené à un auxiliaire pour cent cinquante détenus.

En 1998, le Conseil National adopte un nouveau règlement pour le choix de ses membres.

En 1999, un décret modifiant le Code de Procédure Pénale précise que « les aumôniers ont pour mission de célébrer les offices religieux, d’administrer les sacrements et d’apporter aux détenus une assistance pastorale ».

Une circulaire de la Direction de l’Administration pénitentiaire fixe à 75 ans la limite d’exercice de toutes fonctions dans les aumôneries des différents cultes

En juillet 2014, une note de la direction de l’administration pénitentiaire à valeur d’instruction précise la pratique du culte en détention : « ainsi, sans empiéter sur les prérogatives religieuses dévolues aux aumôniers de prison, l’administration organise et fixe le cadre d’exercice de la vie cultuelle en détention…. Elle concerne tous les cultes… »

Envoyés en mission par l’Eglise catholique, les aumôniers sont présents dans les 187 établissements pénitentiaires du territoire français.

Au 1er avril 2016, l’aumônerie catholique comptait 665 aumôniers. Parmi eux 472 laïcs, 37 religieux ou religieuses, 103 prêtres et 53 diacres. On comptait 240 femmes et 425 hommes.

Les aumôniers ont des statuts différents selon les fonctions qu’ils assument, fonctions qui sont reconnues par le code pénal.

Il y a ceux qui ont pour mission la rencontre individuelle avec les personnes détenues. Ce sont les aumôniers. Parmi eux, dans chaque établissement il y a un aumônier qui est indemnisé, c’est l’aumônier titulaire, en général cette indemnité est reversée au diocèse auquel il appartient, son montant assure le budget de fonctionnement de l’aumônerie.

L’autre catégorie regroupe les aumôniers qui sont animateurs de groupes au sein des établissements pénitentiaires. Leur appellation officielle est auxiliaire bénévole d’aumônerie. Ce sont ces groupes de chrétiens en détention qui fondent l’Eglise derrière les barreaux.

Enfin une enquête faite auprès des aumôneries catholiques en septembre 2106 montre que ces 665 aumôniers sont accompagnés lors des célébrations ou dans les groupes de parole par environ 1500 invités occasionnels.

L’aumônerie catholique des prisons est organisée en neuf régions pour correspondre aux réalités de la carte pénitentiaire en France. Dans chaque région, il y a un responsable régional et un régional adjoint. L’ensemble des régionaux et des adjoints forment le conseil national autour de l’aumônier général.

La Figure de Saint Vincent de Paul

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« S’il s’en trouve parmi vous qui pensent qu’ils sont envoyés pour évangéliser » les prisonniers et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non temporels, je réponds que nous devons les assister en toutes manières par nous et par autrui : faire cela, c’est évangéliser par paroles et par œuvres, et c’est cela le plus juste … »

Saint Vincent de Paul ( 1581-1660), Premier aumônier des prisonniers

Avec le Père Lataste, un autre regard sur la prison

Père Lataste

« Il est donc vrai… les plus grands pécheurs ont en eux ce qui fait les plus grands saints. Qui sait s’ils ne le deviendront pas un jour ?  »

Père Lataste ( 1581-1660), fondateur des Sœurs dominicaines de Béthanie

Ressources

Consulter et télécharger :

Les personnes qui désirent rentrer en contact avec un aumônier sont invités à se rapprocher de l’administration de l’établissement pénitentiaire concerné.
Annuaire de l’administration pénitentiaire

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