« Donner à l'Eglise est un moyen de signifier son appartenance et l'intérêt que l'on accorde à sa mission »
Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis, préside la Commission financière. Il explique le sens de la participation financière au Denier de l'Eglise : lui donner les moyens d'annoncer l'Evangile aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui.
Pourquoi donner à l'Eglise et qui est concerné ?
L'Eglise ne reçoit aucune subvention, qu'il s'agisse de l'Etat ou du Vatican. Pour sa vie matérielle, l'Eglise ne dépend que de la générosité de ses fidèles. Souvent, on s'interroge : « Mais donner à l'Eglise, pourquoi ? » Tout simplement, pour qu'elle puisse vivre sa mission. Cette mission d'Eglise est toute simple à rappeler : c'est permettre aux baptisés d'avoir tout ce dont ils ont besoin pour grandir dans la foi. Et bien sûr, c'est permettre à l'Eglise d'annoncer l'Evangile. Nous croyons que l'Evangile, encore aujourd'hui, peut répondre aux attentes des hommes et des femmes de notre temps. Pour vivre cette mission, nous pouvons compter sur l'engagement de nombreux baptisés, de nombreux chrétiens, parmi lesquels des prêtres et des animateurs en pastorale. Le Denier de l'Eglise doit notamment permettre d'offrir à ces derniers un traitement décent.
Qui sont les donateurs ?
Les donateurs aujourd'hui semblent faire partie de la population plus âgée. Notre difficulté, c'est de sensibiliser la tranche d'âge des plus jeunes sur l'importance de donner à l'Eglise et de donner régulièrement par le biais du Denier. C'est une tranche d'âge généreuse mais qui agit souvent sur un coup de cœur. Toute la pédagogie à déployer consiste à faire comprendre que l'Eglise a besoin de revenus réguliers. Il est donc important de donner chaque année, même si, une année ou l'autre, le don peut être moindre.
La crise économique a-t-elle un impact sur le denier de l'Eglise ?
Oui. Les chiffres de 2009 montrent une légère progression, mais ceux de 2010 accusent dans plusieurs diocèses une baisse du Denier de l'Eglise par rapport à l'année 2009. La crise est probablement une explication à cette baisse. Il semble bien naturel que des familles, des parents, des grands-parents aident en priorité leurs enfants et leurs petits-enfants. Ce que je voudrais souligner, c'est qu'il ne faudrait pas tomber dans la perspective du tout ou rien. Je pense que d'une année sur l'autre, on peut ajuster son don et faire un don d'une moindre importance si on a des difficultés. Aussi petit le don soit-il, il signifie l'appartenance à l'Eglise et l'intérêt que l'on accorde à sa mission.
Quel regard portez-vous sur les initiatives diocésaines en matière de communication ?
Les campagnes de communication grand public me paraissent une très bonne chose. Aujourd'hui, il faut que nous sensibilisions le plus grand nombre de personnes à l'importance de donner à l'Eglise. Or, il y a beaucoup de personnes que nous ne rejoignons plus par le biais du rassemblement dominical au cours des messes. Aujourd'hui, certains chrétiens sont des pratiquants occasionnels. Une enquête récente, publiée par Le Pèlerin magazine (12 novembre 2009), nous rappelle qu'un tiers seulement des pratiquants occasionnels donne au denier de l'Eglise. Cela nous laisse donc une marge de possibilité assez importante. La même enquête souligne qu'un tiers des pratiquants réguliers ne donne pas au denier. C'est encore une possibilité d'action non négligeable.
L'appel au don pour le denier de l'Eglise a lieu pendant le Carême. Comment ce temps de préparation à Pâques éclaire-t-il cet appel ?
Le Carême est une période pendant laquelle nous sommes notamment appelés à réfléchir au partage que nous souhaitons vivre et cela de manière très concrète : le partage avec les plus démunis, qu'il s'agisse de personnes proches de nous ou encore des pays les plus pauvres de la planète. Je pense que le Carême est aussi un bon moment pour s'interroger sur la manière dont nous voulons aider l'Eglise à vivre sa mission.












