Homélie du père Jacques Fournier pour le dimanche 23 juin 2013

 

Évangile selon saint Luc. 9. 18 à 24
 

Qui suis-je?

Jésus vient de guérir des malades et de multiplier les pains pour nourrir les foules. Avec de tels miracles, le succès est garanti. Mais nous savons bien que Jésus ne cherche pas la popularité. Il n’est pas venu pour ça. Alors il se retire à l’écart pour un temps de prière. Comme s'il se ressourçait en cette union humano-divine.

A la suite de ce moment d’intimité avec son Père, il va faire le point avec ses disciples. Son ministère a-t-il révélé ui il est en vérité ?

Pour les gens, qui suis-je ? Comment perçoivent-ils ma mission ? Il a bien vu qu’ils n’ont pas vraiment compris. Eux ne voient que le côté extraordinaire du ministère de Jésus,les guérisons surtout.

Au moment où il se prépare à monter à Jérusalem pour y souffrir sa passion, Jésus que ses apôtres expriment ce qu'est leur foi véritable. Mais les douze n’ont pas mieux compris que les scribes.

En affirmant que Jésus est le Messie, ils ont tout à fait raison, mais ils sont loin du compte. Il n’est pas le Messie auquel tout le monde pense. Il n’est pas celui qui va trancher dans les astuces de la loi ni dans les innombrables problèmes posés par les rabbins. Il n’est pas celui qui va organiser la résistance pour lutter contre l’oppression romaine.

S'ils ont compris que Jésus est le Messie, ils sont bien loin de la réalité, incapables d’en dire davantage. Nous leur sommes bien semblables. C’est Jésus qui le lui fait comprendre en lui annonçant sa passion, sa mort et sa résurrection. Seule l’épreuve pascale permettra de mettre les choses définitivement au point. Jésus n'est pas que le "serviteur souffrant" annoncé parle prophète Isaïe.
 

Le Fils de l'Homme

Le « Fils de l’Homme » est le titre que Jésus a employé le plus souvent pour se décrire à ses contemporains (plus de 80 fois), une expression mystérieuse dans l’Évangile, qu'il est le seul à employer pour parler de lui..

Par cette dénomination, à quelque temps de ses derniers jours avec eux, Jésus voulait affirmer à ses disciples sa double origine divine et humaine : « Le Fils de l’Homme » n’est pas seulement « un fils d’homme », il est aussi « Fils de Dieu ».

Il leur dévoile ce mystère.Le Christ est entré dans l’existence humaine en tant que Fils de Dieu. Le fait d’assumer la nature humaine était une humiliation, un dépouillement, une réduction de sa gloire. Sa passion et sa mort furent les conséquences logiques de cette humiliation.

Saint Paul le dit aux Philippiens, chapitre 2. " Il possédait depuis toujours la condition divine... l'égal de Dieu" . Les apôtres ne pouvaient réaliser l'immensité infinie d'un tel mystère. Pas plus que nous d'ailleurs qui nous arrêtons souvent aux croix qui sont les nôtres.

" Le Fils de l’Homme », devra souffrir, « il sera mis à mort, mais il ressuscitera le troisième jour ». (Mc 8,31)

Devant Caïphe Jésus ne dit pas : « Vous verrez le Fils de Dieu », mais « le Fils de l’Homme » : En présence du tribunal suprême, il joint ce dernier titre à celui de sa divinité ; pour lui, ces deux titres sont inséparables, comme sont indissolublement unies et inséparables les deux natures sur lesquelles ils se fondent.

" Puissions-nous être unis à la divité de celui qui a pris notre humanité." La goutte d'eau de loffertoire et souvent bien "silencieuse" dans la Divine liturgie.
 

Qui est Jésus

Il ne s’agit pas de dire seulement ce que nous savons de lui mais de nous demander quelle place il tient dans notre vie. La réponse d'un catéchisme appris par cœur ne suffit pas. La vraie réponse est à chercher dans le concret de notre vie. Ce qui est en jeu c’est de savoir si nous vivons de lui , ce que nous vivons de lui et de son message.

Certains le considèrent comme un grand penseur qui a bouleversé l’histoire du monde. Pour nous chrétiens, ce qui est premier c’est la relation essentielle et existentielle que nous avons avec lui. Est-ce est seulement quelqu’un d’important dans notre vie alors qu'il est la plénitude de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus avertit ses disciples mais aussi chacun d’entre nous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix chaque jour ! » Que nous assumions notre humanité, jusque dans sa fragilité et même la déchéance de notre vieillesse...

Si nous nous conduisons comme le Maître, nous ne serons pas mieux traités que lui. Suivre Jésus c’est s’engager sur le chemin de la mission pour annoncer le Royaume de Dieu, jusqu'à l'offrande de nos derniers jours.

C’est une nécessité incontournable. Marcher à la suite de Jésus, c’est se laisser guider par sa parole. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous allons au Père. Il nous conduira à travers des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais une chose est sûre : Rien ne peut nous séparer de son amour.

Quand on a laissé Jésus entrer dans notre vie, rien ne peut plus être comme avant. On n’est plus tout à fait le même. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Et celui qui perd sa vie pour moi la sauvera. »
 

Au coeur de notre vie

A notre époque où tout le monde revendique le maintien de son niveau de vie, le chrétien c’est celui qui risque tout. Sa priorité, c’est Jésus Christ, c’est le Royaume de Dieu. Alors, pour Lui il accepte de sacrifier tout le reste.

Nous avons été accueillis dans la famille des chrétiens, des enfants de Dieu et de l'Église.. Quelle place y tenons-nous ? Simples consommateurs ou témoins de la foi ? Sommes-nous prêts à donner le meilleur de nos énergies au service du Christ et de son Evangile ? Dans le cadre de notre vie familiale et sociale.

Dans quelques jours, beaucoup d'entre nous vont partir en vacances. Certains disent : « Je vais enfin pouvoir m’occuper de moi. » Et souvent, ce sont les mêmes qui passent leurs vacances à s’ennuyer. Ils ont pris le mauvais départ en ne pensant qu’à eux-mêmes.

Renoncer à nous-mêmes, nous dit Jésus, c’est faire en sorte que nous ne soyons plus au centre de nos préoccupations, c’est accepter qu’un autre, le Christ, soit dans le cœur de notre vie, c’est changer notre regard sur Dieu, sur les autres et sur le monde.
 
***

Chaque dimanche, nous nous rassemblons autour de Jésus pour entendre sa parole, nous laisser questionner par lui et célébrer l’Eucharistie. Il est l’Amour du Père qui se donne.

Nous avons à le transmettre comme un trésor précieux à tous ceux qui nous entourent. Vivons l’Eucharistie comme un temps fort qui nous aidera à recentrer notre vie sur lui.
 

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