Homélie de Mgr Santier lors de la session des délégués diocesains aux relations avec l'Islam
Homélie de Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil, Président du Conseil pour les relations interreligieuses,lors de la session des délégués diocesains aux relations avec l'Islam le 5 décembre 2009
En communion avec tous les Evêques de France, au milieu de vous ce soir, célébrant avec vous cette eucharistie, je reprends à votre sujet la prière de l'Apôtre Paul aux Philippiens : « Chaque fois que je prie pour vous tous, c'est toujours avec joie à cause de ce que vous avez fait pour l'Evangile, en communion avec moi depuis le premier jour jusqu'à maintenant. »
En entendant les remontées de ce qui se vit dans vos différents diocèses comme rencontres au quotidien avec les musulmans, les colloques, les rencontres de dialogue, est monté dans mon cœur un chant d'action de grâces et de joie.
Votre mission de délégué des relations avec les musulmans est passionnante, mais elle est onéreuse, porteuse de difficultés, d'incompréhensions même, de la part de catholiques, et en même temps source de joie dans la rencontre vraie de celui qui vit sa foi en Dieu d'une manière différente. Aussi, c'est avec joie que durant cette eucharistie je prie avec vous et pour vous, à cause de ce que vous faites pour l'Evangile, en communion avec votre évêque.
L'Evangile nous demande l'exigence de l'amour, vis-à-vis des étrangers, des pauvres, vis-à-vis de ceux qui sont différents de nous. Il nous demande même d'aller au-delà des tensions, des conflits, jusqu'au pardon.
Au nom de l'Evangile, vous contribuez à ce que les regards de peur posés sur les musulmans qui sont confondus avec les islamistes, par méconnaissance, se changent en regards d'estime, comme l'exprime la déclaration conciliaire Nostra Aetate, sur les relations avec les religions non-chrétiennes.
Au nom de l'Evangile, pour que nous puissions vivre en paix dans le monde et notre pays, vous favorisez les rencontres entre chrétiens et musulmans, afin que les préjugés mutuels s'évanouissent et que se vivent des rapports de confiance dans la vérité.
Cette mission demande de votre part beaucoup de patience, un art du discernement spirituel, un tact affiné pour ne pas blesser, ni nos amis musulmans, ni nos frères et sœurs catholiques qui ne comprennent pas pourquoi l'Eglise catholique continue de s'engager dans le dialogue interreligieux.
C'est la raison pour laquelle je vous assure, avec les mots de l'Apôtre Paul, que « Dieu qui a si bien commencé en vous son travail, le poursuivra jusqu'à son achèvement, au jour où viendra le Christ Jésus. »
Vivre cette mission de communion, qui fait partie de la mission de l'Eglise qui vise l'unité du genre humain, transforme notre cœur de baptisé, de consacré, de diacre, de prêtre, d'évêque, pour l'élargir aux dimensions de l'amour de Dieu pour tous les hommes qui, selon les mots du concile repris par le Pape Benoit XVI, ont la même origine et la même destinée.
Et dans votre belle et délicate mission, je demande dans ma prière, avec tous mes frères évêques, selon les mots de Paul « que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est le plus important. »
La connaissance de la religion musulmane exige de vous une formation continue, des lectures, de se tenir au courant de l'actualité qui sur le sujet est débordante. Mais une analyse de la situation dans la vérité ne dispensera jamais d'une connaissance de l'amour qui nait des rencontres avec les personnes qui sont des croyants musulmans.
Cet amour qui vient de l'Esprit Saint éclairera le discernement que vous avez à poser dans les rencontres, les prises de position. Vous faites et vous ferez l'expérience de cette présence de l'Esprit qui nous donne de trouver les mots justes et appropriés dans la vérité du dialogue, qui nous permet de poser des questions ouvertes et non des questions fermées, qui nous conduit à poser des gestes qui ouvrent les cœurs.
Demandons les uns pour les autres ce discernement, ce tact affiné qui prépare les chemins du Seigneur, dans les cœurs remplis de peur, de méfiance à cause des évènements du passé.
Pour son peuple qui a vécu des évènements douloureux, en Exil, Dieu, par la voix du prophète Isaïe annonce la promesse du retour à Jérusalem.
Le psalmiste célèbre ce retour en proclamant que celui qui sème dans les larmes moissonnera dans la joie.
Jean le Baptiste se présente comme la voix qui crie dans le désert. Il sait qu'il n'est pas la parole. Il n'en est que l'écho, la voix de la parole qui va prendre chair parmi les hommes, et il nous invite à préparer ses chemins, à aplanir sa route, à abaisser les montagnes et les collines. Vous le vivez dans votre mission où vous essayez, par le dialogue, les rencontres, d'abaisser les montagnes de peur et les collines de préjugés entre les croyants. Lorsque les croyants de différentes religions donnent le signe qu'ils se rencontrent dans l'amitié pour favoriser le vivre ensemble et la paix, ils permettent à tout homme de « voir le salut de Dieu. »
Lorsque je rencontre de jeunes collégiens et lycéens et que je dialogue avec eux, j'entends souvent la question : « Pourquoi les religions sont elles facteurs de guerre ? » Nous avons encore beaucoup à faire pour préparer les chemins du Seigneur, les chemins de la justice et de la paix.
Mais la promesse annoncée par Jean le Baptiste, « tout homme verra le salut de Dieu » nous stimule dans notre mission, car comme le dit le Concile dans la Constitution Gaudium et Spes : « Dieu offre à tout homme, par l'Esprit Saint, d'une manière que lui seul connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal de son Fils. »
En Jésus qui vient, Dieu nous donnera de voir le salut qu'Il nous offre.
Ce salut, nous en faisons l'expérience et nous permettons à nos frères d'en faire l'expérience chaque fois que nous favorisons les rencontres, le dialogue, une meilleure compréhension, ou lorsque nous aidons les communautés chrétiennes à sortir de leur isolement en les ouvrant à l'universel, à la rencontre de l'autre.
Votre mission est belle puisque par toutes vos initiatives vous permettez aux hommes d'entrevoir ou même de voir le salut de Dieu.
+ Michel Santier
En entendant les remontées de ce qui se vit dans vos différents diocèses comme rencontres au quotidien avec les musulmans, les colloques, les rencontres de dialogue, est monté dans mon cœur un chant d'action de grâces et de joie.
Votre mission de délégué des relations avec les musulmans est passionnante, mais elle est onéreuse, porteuse de difficultés, d'incompréhensions même, de la part de catholiques, et en même temps source de joie dans la rencontre vraie de celui qui vit sa foi en Dieu d'une manière différente. Aussi, c'est avec joie que durant cette eucharistie je prie avec vous et pour vous, à cause de ce que vous faites pour l'Evangile, en communion avec votre évêque.
L'Evangile nous demande l'exigence de l'amour, vis-à-vis des étrangers, des pauvres, vis-à-vis de ceux qui sont différents de nous. Il nous demande même d'aller au-delà des tensions, des conflits, jusqu'au pardon.
Au nom de l'Evangile, vous contribuez à ce que les regards de peur posés sur les musulmans qui sont confondus avec les islamistes, par méconnaissance, se changent en regards d'estime, comme l'exprime la déclaration conciliaire Nostra Aetate, sur les relations avec les religions non-chrétiennes.
Au nom de l'Evangile, pour que nous puissions vivre en paix dans le monde et notre pays, vous favorisez les rencontres entre chrétiens et musulmans, afin que les préjugés mutuels s'évanouissent et que se vivent des rapports de confiance dans la vérité.
Cette mission demande de votre part beaucoup de patience, un art du discernement spirituel, un tact affiné pour ne pas blesser, ni nos amis musulmans, ni nos frères et sœurs catholiques qui ne comprennent pas pourquoi l'Eglise catholique continue de s'engager dans le dialogue interreligieux.
C'est la raison pour laquelle je vous assure, avec les mots de l'Apôtre Paul, que « Dieu qui a si bien commencé en vous son travail, le poursuivra jusqu'à son achèvement, au jour où viendra le Christ Jésus. »
Vivre cette mission de communion, qui fait partie de la mission de l'Eglise qui vise l'unité du genre humain, transforme notre cœur de baptisé, de consacré, de diacre, de prêtre, d'évêque, pour l'élargir aux dimensions de l'amour de Dieu pour tous les hommes qui, selon les mots du concile repris par le Pape Benoit XVI, ont la même origine et la même destinée.
Et dans votre belle et délicate mission, je demande dans ma prière, avec tous mes frères évêques, selon les mots de Paul « que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est le plus important. »
La connaissance de la religion musulmane exige de vous une formation continue, des lectures, de se tenir au courant de l'actualité qui sur le sujet est débordante. Mais une analyse de la situation dans la vérité ne dispensera jamais d'une connaissance de l'amour qui nait des rencontres avec les personnes qui sont des croyants musulmans.
Cet amour qui vient de l'Esprit Saint éclairera le discernement que vous avez à poser dans les rencontres, les prises de position. Vous faites et vous ferez l'expérience de cette présence de l'Esprit qui nous donne de trouver les mots justes et appropriés dans la vérité du dialogue, qui nous permet de poser des questions ouvertes et non des questions fermées, qui nous conduit à poser des gestes qui ouvrent les cœurs.
Demandons les uns pour les autres ce discernement, ce tact affiné qui prépare les chemins du Seigneur, dans les cœurs remplis de peur, de méfiance à cause des évènements du passé.
Pour son peuple qui a vécu des évènements douloureux, en Exil, Dieu, par la voix du prophète Isaïe annonce la promesse du retour à Jérusalem.
Le psalmiste célèbre ce retour en proclamant que celui qui sème dans les larmes moissonnera dans la joie.
Jean le Baptiste se présente comme la voix qui crie dans le désert. Il sait qu'il n'est pas la parole. Il n'en est que l'écho, la voix de la parole qui va prendre chair parmi les hommes, et il nous invite à préparer ses chemins, à aplanir sa route, à abaisser les montagnes et les collines. Vous le vivez dans votre mission où vous essayez, par le dialogue, les rencontres, d'abaisser les montagnes de peur et les collines de préjugés entre les croyants. Lorsque les croyants de différentes religions donnent le signe qu'ils se rencontrent dans l'amitié pour favoriser le vivre ensemble et la paix, ils permettent à tout homme de « voir le salut de Dieu. »
Lorsque je rencontre de jeunes collégiens et lycéens et que je dialogue avec eux, j'entends souvent la question : « Pourquoi les religions sont elles facteurs de guerre ? » Nous avons encore beaucoup à faire pour préparer les chemins du Seigneur, les chemins de la justice et de la paix.
Mais la promesse annoncée par Jean le Baptiste, « tout homme verra le salut de Dieu » nous stimule dans notre mission, car comme le dit le Concile dans la Constitution Gaudium et Spes : « Dieu offre à tout homme, par l'Esprit Saint, d'une manière que lui seul connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal de son Fils. »
En Jésus qui vient, Dieu nous donnera de voir le salut qu'Il nous offre.
Ce salut, nous en faisons l'expérience et nous permettons à nos frères d'en faire l'expérience chaque fois que nous favorisons les rencontres, le dialogue, une meilleure compréhension, ou lorsque nous aidons les communautés chrétiennes à sortir de leur isolement en les ouvrant à l'universel, à la rencontre de l'autre.
Votre mission est belle puisque par toutes vos initiatives vous permettez aux hommes d'entrevoir ou même de voir le salut de Dieu.
+ Michel Santier











