Mgr Pierre d’Ornellas : « La vie demeure un don »

« Bioéthique. Questions pour un discernement » est le second ouvrage publié par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, et le groupe de travail sur la bioéthique dont il est responsable. Il prolonge « Bioéthique. Propos pour un dialogue ».
L’Eglise catholique s’est largement impliquée dans le débat de société initié dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Dès novembre 2007, la Conférence des évêques de France s’est dotée d’un groupe de travail sur ce sujet. Présidé par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, il a publié « Bioéthique. Propos pour un dialogue » en février 2009 et animé un blog dédié.

« Bioéthique. Questions pour un discernement » s’adresse à un large public. Il se présente comme un dialogue avec l’étude du Conseil d’Etat (publiée en mai) et le rapport des Etats Généraux de la bioéthique (publié début juillet). Aux 7 thèmes définis pour la révision des lois de bioéthique (recherche sur l’embryon, don d’organes, assistance médicale à la procréation…), vient s’ajouter une réflexion sur la mission de la loi civile et sur le rôle du législateur, interrogations exprimées par les citoyens français lors des Etats Généraux. Le livre relaie ainsi la demande des Français pour une « loi nationale originale » et non « une loi d’alignement » qui cèderait aux pressions internationales. « Le moins-disant éthique est un piège redoutable » a rappelé Mgr d’Ornellas en citant le Conseil d’Etat.
 

« La tentation est de ne pas recevoir le don »

Le responsable du groupe de travail a fait part de sa confiance en la raison humaine… si elle dispose toutefois du temps et des moyens de la réflexion. Il a plaidé pour un dialogue fondé sur « une éthique universelle pour le bien de tous et le bonheur de chacun ». Il a comparé l’être humain à un écosystème confié à « nos mains et à notre génie », écosystème dont il faut connaître les « lois » pour le respecter. Mgr d’Ornellas a également souligné l’incohérence qu’il y a à encourager certaines biotechnologies, comme par exemple l’ICSI (Injection Intracytoplasmique de spermatozoïde) dont on n’a pas vérifié l’innocuité, en dépit de dépit de la prudence recommandée par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE).

En adoptant la méthode du dialogue, l’Eglise assume sa mission, a relu Mgr d’Ornellas. Interrogé sur un bilan personnel de son implication dans ce dialogue, il a exprimé la conviction que l’éthique participait à la promotion d’une recherche scientifique digne. Il a cité en exemple la recherche sur les cellules souches embryonnaires, abandonnée par certains laboratoires au profit de celle sur les cellules souches adultes. Il a reconnu être fasciné, lui aussi, par la connaissance génétique. « La tentation est de vouloir maîtriser la vie. Or la vie demeure un don. La tentation est de ne pas recevoir le don » a-t-il conclu.

Les six chapitres de « Bioéthique, questions pour un discernement »

« Dignité humaine et loi civile », « Recherche sur l’embryon et cellules souches », « Prélèvements et greffes d’organes, de tissus et de cellules », « L’assistance médicale à la procréation et l’anonymat du don », « Une éventuelle législation sur la maternité pour autrui ? », « La médecine prédictive », « Recours au diagnostic prénatal et au diagnostic préimplantatoire ».

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