Robert Schuman (1886-1963)

L’engagement politique, chemin de sainteté

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Après avoir été plusieurs fois ministre des Affaires étrangères et président du Conseil, ce parlementaire catholique mosellan est devenu l’un des Pères de l’Europe. Le procès diocésain en vue de sa béatification a été clôturé le 29 mai 2004.

J’ai un jour surpris mon auditoire en affirmant, à propos de Robert Schuman, que l’engagement politique pouvait être chemin de sainteté. Je n’affirmais pas cela de moi-même, mais en m’appuyant sur l’enseignement abondant de l’Église catholique, notamment depuis le Deuxième Concile du Vatican.
Robert Schuman n’a pas eu à suivre les incitations de l’ambition personnelle. C’est l’évêque de Metz, Mgr Benzler, un allemand, qui, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’engagea à entrer en politique pour défendre les intérêts des catholiques lorrains au sein d’une république réputée anticléricale.
Il s’acquittait de ses tâches comme d’un apostolat, note André Philip, député socialiste et plusieurs fois membre de gouvernement de la IVe République : « Ce qui m’a frappé en lui, c’était le rayonnement de sa vie intérieure ; on était devant un homme consacré… d’une totale sincérité et humilité intellectuelle, qui ne cherchait qu’à servir, là et au moment où il se sentait appelé… Il restera dans la mémoire de ceux qui l’ont connu comme le type du vrai démocrate, imaginatif et créateur, combatif dans sa douceur, toujours respectueux de l’homme, fidèle à une vocation intime qui donnait le sens à la vie. »
Un ancien collaborateur de Robert Schuman m’écrivait il y a peu : « En lisant l’évocation que donne l’exhortation apostolique Christi fideles laïci du chrétien engagé dans la politique, au n° 42, je retrouve tout entier Robert Schuman. »
La vie et l’action de Robert Schuman convergent vers le 9 mai 1950. C’est au cours d’une année sainte qu’il a posé l’acte politique parmi les plus audacieux du XXe siècle, cinq ans seulement après la fin de la plus sanglante des guerres. Ce projet, Schuman le nourrissait en lui depuis longtemps. Entre 1941 et 1943, il avait évoqué, à plusieurs reprises, devant des interlocuteurs stupéfaits, la nécessité de construire au lendemain de la guerre une réalité politique nouvelle qui lierait les nations européennes par leurs intérêts, et non plus seulement par des paroles et des pactes. La France et l’Allemagne, affirmait-il, devraient en être les moteurs. Ainsi, à un moment où les armées nazies écrasaient encore l’Europe par leurs victoires en série, Robert Schuman portait déjà en lui l’image d’une Europe réconciliée et communautaire.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman a posé un acte majeur dans l’ordre de la concorde des nations. L’Europe occidentale lui doit plus d’un demi-siècle de paix.

Mgr Pierre Raffin

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