Saint Odilon de Mercoeur (961-1049)

Intermédiaire entre l’ici-bas et l’au-delà


Le moine qui succéda à Saint Mayeul (910-994) à la tête de l’abbaye de Cluny est le promoteur de la « Paix de Dieu » et de la fête des défunts, le 2 novembre.

odilon_de_mercoeurIssu d’une branche de la famille comtale d’Auvergne, Odilon de Mercoeur naît en 961 ou 962. Il entre au monastère de Cluny dans les années 990. Lettré, Odilon se voit confier l’éducation des jeunes oblats, devenus nombreux sous l’abbé Mayeul. Il sera désigné, dès 993, coadjuteur et successeur du saint.Le développement de Cluny sous son abbatiat (994-1049) marque la naissance d’une véritable Eglise dans l’Eglise : l’Ecclesia Cluniacensis. Elle constituera, au fil des ans, un vaste réseau monastique formé de prieurés, d’abbayes et de petites celles. Son action spirituelle, mais aussi temporelle, fit de lui l’un des plus grands personnages de la chrétienté, à l’égal des empereurs et des papes. Fulbert, le grand évêque de Chartres, avait surnommé Odilon « l’archange », à la vue des nombreux troupeaux dont l’abbé de Cluny était le pasteur.Une caractéristique du moine clunisien est qu’il apparaît comme le principal intermédiaire entre l’ici-bas et l’au-delà. Odilon est le promoteur de l’institution de la commémoration des fidèles défunts.Devant le climat d’insécurité engendré par les conflits entre seigneurs locaux et régionaux, il s’associe à d’autres ecclésiastiques dans le but d’arrêter ou de suspendre les guerres intestines qui étaient cause de grands maux. La « Paix de Dieu » se propagea d’abord activement, et Odilon mit en place dans son abbaye la liturgie de la clameur, c’est-à-dire de la plainte sacrée.Saint Odilon est peut-être le plus riche, humainement, des abbés de Cluny. La douceur et la bonté rayonnent de cette personnalité au tempérament pourtant nerveux, à la sensibilité suraiguë et à l’activité débordante. Son œuvre littéraire se compose essentiellement de deux Vies de l’impératrice Adélaïde et de saint Mayeul, de plusieurs hymnes liturgiques, et d’une quinzaine de sermons. La forme simple et spontanée de son enseignement fait preuve d’une sensibilité riche et véritablement mystique.

Tombé malade dès 1046, Odilon meurt à Souvigny dans la nuit du 31 décembre 1048 au 1er janvier 1049, à l’âge de 86 ans. Il sera canonisé dès 1055.

P. Frédéric Curnier-Laroche

Curé de Sennecey-le-Grand
Délégué épiscopal à l’art sacré pour le diocèse d’Autun
Membre du comité de rédaction du bi-média « Narthex »

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