Le don de l’esprit est un don définitif par Mrg Blaquart, evêque auxiliaire de Bordeaux

Le don de l’esprit est un don définitif

    Les chrétiens célèbrent la fête de la Pentecôte qui commémore le don du Saint Esprit aux Apôtres. Mgr Jacques Blaquart, évêque auxiliaire de Bordeaux, nous rappelle que l’Esprit de Dieu est donné à l’Église de manière définitive et que notre espérance de croyants repose dans son action.

Vivre l’aujourd’hui de Dieu.

Ce titre d’un livre écrit par Frère Roger, le fondateur de Taizé, rappelle, à tous ceux d’entre nous qui pourraient l’oublier, la présence pleine et entière de Dieu à notre monde, à notre temps.

Si Dieu a fait alliance définitive avec nous en Jésus Christ, nous croyons que, dans ce monde et dans ce temps de mutations profondes, Il n’est pas absent. Au contraire, « c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du Salut » (Is 49, 8), et si, chaque année, nous fêtons la Pentecôte comme le don de l’Esprit Saint fait à l’Église, c’est pour nous rappeler que ce don est définitif. « Même si nous partageons les angoisses de notre monde, nous croyons que l’existence humaine est comme portée et enveloppée par un amour sans condition que rien ne pourra remettre en cause, et que la grâce de Dieu accompagne et accompagnera toujours notre histoire » (Lettre aux catholiques de France).

En célébrant la fête de Pentecôte, nous rendons grâce à Dieu de nous avoir donné, par Jésus, l’Esprit Saint, présence divine qui veut agir aujourd’hui pour ce monde par l’Église, c’est-à-dire par nous et en nous. Jésus n’a-t-il pas promis à ses disciples qu’ils accompliraient de grandes oeuvres s’ils croyaient en Lui ?…

Plonger dans l’histoire de l’Église et la vie des saints nous fait découvrir que les paroles de Jésus se sont réalisées dans et malgré les bouleversements de la société. Aujourd’hui encore, nous pouvons regarder ce qui disparaît et refuser de voir ce que Dieu nous donne. Le Christ, qui a promis d’être avec nous jusqu’à la fin du monde, est à l’œuvre, par son Esprit, à la fois dans des surgissements inattendus (comme Taizé, les communautés nouvelles…) et dans des êtres providentiels (comme Jean Paul II, Madeleine Delbrel, Charles de Foucauld, Mère Teresa ou le P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus…), mais aussi dans la vie ordinaire de l’Église.

Notre espérance repose dans le don de l’esprit

Revenant d’un pèlerinage de mon diocèse à Lourdes, je reste frappé par des dialogues avec des personnes : une dame âgée dont le regard et les paroles illuminent, la confession profonde d’un enfant, l’échange avec un groupe d’Africains ou avec des personnes handicapées… On ne parlera pas de ces rencontres dans les grands médias et, pourtant, « l’aujourd’hui de Dieu » est bien palpable en elles. En les évoquant, comment ne pas penser à cette parole de Dieu : « Vos fils et vos filles prophétisent. En ce jour-là, je répandrai mon Esprit. » (Jl 3, 1), ou au dialogue de Jésus avec Nicodème : « Le vent souffle où il veut, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va » (Jn 3, 8).

Nous hésitons à reconnaître l’action ordinaire du Saint Esprit parce qu’il nous échappe, parce qu’il nous faut accepter d’être pauvres, dégagés de nous-mêmes et de nos projets, pour le percevoir. Et pourtant, inlassablement, l’Esprit Saint travaille et agit, et notre espérance de croyants repose dans cette action de l’Esprit, même si elle passe par des soubresauts, des remises en cause, des transformations profondes de la société et, par conséquent, de l’Église.

Nous faisons l’expérience douloureuse mais salutaire du Mystère pascal. Il n’y a pas de don de l’Esprit sans combat, sans mort à soi-même, sans lutte profonde pour rester fidèles et nous laisser renouveler de l’intérieur par la mort et la résurrection de Jésus. Ce combat, c’est celui de la foi, où on croit sans voir, mais où l’humble fidélité quotidienne à la prière et à la charité reste notre seule arme.

Pour donner il faut recevoir

Je suis frappé de voir trop de chrétiens engagés fatigués, comme s’ils avaient épuisé leur ressort intérieur. Est-ce possible ? N’y a-t-il pas défaillance de ceux qui les ont appelés à servir ? Pour donner, il faut recevoir, se nourrir en profondeur ; notre agir chrétien ne peut reposer sur nos seules capacités : « Paul a planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donne la croissance » (1 Co 3, 6).

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, venant de recevoir comme mission l’accompagnement des novices de sa communauté, écrit à sa prieure : « Depuis que j’ai compris qu’il m’était impossible de rien faire par moi-même, la tâche que vous m’avez imposée ne me parut plus difficile, j’ai senti que l’unique chose nécessaire était de m’unir de plus en plus à Jésus et que le reste me serait donné par surcroît. En effet, jamais mon espérance n’a été trompée, le Bon Dieu a daigné remplir ma petite main autant de fois qu’il a été nécessaire de nourrir l’âme de mes sœurs. Je vous avoue, mère bien-aimée, que si je m’étais appuyée le moins du monde sur mes propres forces, je vous aurais bientôt rendu les armes… » (M C, Folio 22 vo).

La Pentecôte nous rappelle opportunément qu’il n’y a pas d’action missionnaire sans prière personnelle et communautaire (Ac 1, 14), sans attente du don de Dieu promis par Jésus. La vie de l’Église dépend de l’action de Dieu et donc de personnes habitées par l’Esprit Saint. « Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu » (Rm 8, 14).

Texte paru dans la Revue « Catholiques en France » n° 27, mai 2007.

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