« L’Assomption de la Vierge » par Mgr Rey

Assomption

« Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, a été prise corps et âme dans la gloire céleste ». C’est en ces termes que le 1er novembre 1950, fête de la Toussaint, le pape Pie XII définissait le dogme de l’Assomption de la Vierge.

Marie est corps et âme avec le Christ Ressuscité. L’Eglise ne précise ni le comment, ni le moment, ni même si Marie eut à mourir, et de quelle mort, ni si elle fut transportée ou élevée au Ciel. De manière lapidaire, la formule indique qu’elle a été « prise » (assumpta) dans la gloire. Belle expression, empruntée à la Bible pour signifier les fins mystérieuses d’Hénoch (Gn 5, 24) et d’Elie (2 R2). Dieu les « prit » avec lui.

Le dogme de l’Assomption de la Vierge ne vient évidemment pas d’une enquête historique visant à reconstituer ce que Marie disait ou pensait d’elle-même, et pas davantage ne découle de l’opinion des apôtres ou de quelque autre contemporain. Les dogmes de l’Eglise à propos de Marie naissent de la reconnaissance par l’Eglise de l’œuvre de Dieu en elle et à travers elle.

Le Magistère de l’Eglise, par lequel celle-ci engage son autorité doctrinale, relève de son caractère eschatologique, c’est-à-dire de son appartenance à ce que le Christ mort et ressuscité, a opéré de manière définitive dans l’humanité. Au terme de l’histoire, l’Eglise contemple déjà l’œuvre de Dieu réalisée dans le Christ. Elle en admire l’architecture globale, l’équilibre, l’harmonie et les détails qui contribuent à la beauté de l’ensemble. Cette connaissance inspirée suscite sa louange et nourrit son enseignement. Ainsi le dogme de l’Assomption proclame-t-il en Marie, déjà glorifiée en son corps et en son âme, celle « qui représente et inaugure l’Eglise en son achèvement dans le siècle futur, de même que sur cette terre, en attendant la venue du Seigneur, elle brille déjà comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage. » (Vatican II, Lumen Gentium 68)

Avec Marie glorifiée, nous parvenons ainsi aux rivages célestes où finit le temps et où commence l’éternité. La Vierge est l’exemple le plus lumineux qui démontre la vérité de cette parole de l’Ecriture : « Si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire » (Rm 8, 17)

Mgr Dominique Rey
Evêque de Fréjus-Toulon
22 juillet 2010

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