Homélie du dimanche 27 novembre

Dimanche 27 novembre 2016
Premier dimanche de l’Avent

Références bibliques :

Lecture du livre du prophète Isaïe : 2. 1 à 5 : »Venez famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur. »
Psaume 121 : « Que la paix règne dans tes murs. »
Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains : 13. 11 à 14 : »L’heure est venue de sortir de votre sommeil. »
Evangile selon saint Matthieu : 24. 37 à 44 : »Tenez vous donc prêts, vous aussi. »

***

PAIX SUR TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE.

Veillez, c’est le temps de l’Avent, reviennent à notre pensée les oracles du prophète Isaïe qui annoncent une ère nouvelle:
– « de leurs épées, ils forgeront des socs de charrues. »
– « le loup habitera avec l’agneau. »
– « alors s’ouvriront les yeux des aveugles. »

Car cela aujourd’hui ne nous renvoie ni à une vision féerique ni à une part de rêve qui serait une fausse espérance. La culture de notre temps se veut beaucoup plus réaliste que ces affirmations du prophète. Le féerique que l’on voit sur les écrans de TV, n’est qu’une imagination. Noël, de nos jours, ne chante plus guère l’espérance. C’est un grand rendez-vous du clinquant, enrobé de sensiblerie.

Les vitrines en sont témoins. Les chalands qui viennent acheter ont besoin de couleurs, de brillances, d’inhabituel au point qu’il leur faut même une crèche qui se trouve dans les rayons des magasins non loin des peluches de Disneyland.

L’Eglise est-elle à côté de son siècle ? Nous berce-t-elle d’illusions en nous donnant à entendre des prophéties de bonheur quand meurent de froid des sans-logis, quand l’Amérique centrale compte ses morts, quand en Afrique, les Africains eux-mêmes se déchirent entre eux, quand en Inde les chrétiens sont menacés de mort parce qu’ils ne sont pas de culture hindouiste, quand le Moyen-Orient es tune terre de massacre.

Si nous lisons, sur le fond, le message que l’Eglise nous donne à vivre, nous serons vite convaincus qu’elle ne rêve pas en nous faisant entendre Isaïe. Car il est aussi des lieux et des hommes qui vivent l’amour de Dieu, qui forgent des charrues avec les épées, où le loup demeure en paix avec l’agneau, où les yeux s’ouvrent à la lumière.

« Montons vers la montagne du Seigneur… il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. » Montons vers le Seigneur » en cette attente des jours nouveaux.

JERUSALEM, « FONDATION DE LA PAIX »

C’est ce que signifie ce nom géographique, Jérusalem qui devrait être une terre de paix…. Nous avons commencé de chanter ce psaume 121 dimanche dernier pour la fête du Christ-Roi, descendant de David, qui avait fixé à Jérusalem sa capitale pour en faire « la fondation de la paix. »

Le psaume 121 est l’un des chants des pèlerins qui sont montés sur la montagne sainte pour rendre grâce. Car, dans la perspective biblique, Jérusalem n’est pas une capitale comme les autres. Elle n’a pas été faite pour dominer, mais pour unir le royaume du nord (Israël) et le royaume du sud (Juda). Ce qui en fait le prix, c’est le temple, « la maison du Seigneur notre Dieu », le Dieu de l’Alliance dont l’arche se trouve au coeur de la Cité.

Jérusalem est tout à la fois une direction de marche pour le pèlerin, un symbole d’unité entre les habitants et les pèlerins, une ouverture sur le Tout-Autre auquel on rend grâce, une exigence par le droit qui découle de la Loi qui y est conservée.

« Ville où tout ensemble ne fait qu’un. C’est là que montent les tribus du Seigneur. C’est là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David. »

Le Christ Jésus est là tout entier. Il est plus que Jérusalem et le Temple. Il est alliance divine et unité des hommes, eucharistie et joie, paix et justice miséricordieuse.

LE JOUR EST PROCHE

La prophétie d’Isaïe comme le psaume élargissent l’horizon. Les nations (c’est-à-dire les païens) affluent elles aussi. « Il sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples. » Dès ce premier dimanche du temps de l’Avent, l’Eglise nous met dans la perspective de l’Epiphanie (Isaïe 60 : »Les nations marcheront vers la lumière. »)

L’Eglise réaffirme donc, dès le début du nouveau cycle liturgique, ce qui lui tient à coeur et qui l’anime dans sa marche au long des temps : la paix pour tous les hommes, au-delà de ses limites actuelles. Et l’Eglise, comme Isaïe, n’entend pas dissoudre l’originalité de la Révélation en un universalisme monotone.

Le Pape François nous rappelle que l’Evangile soit s’incruster et s’épanouir en chaque culture et devenir ainsi l’artisan de l’unité dans cette diversité d’Asie,d’Afrique ou d’Amérique.

OPTIMISME ET ESPERANCE

Est-il alors absurde d’espérer que les nations marchent « à la lumière du Seigneur » alors que grandissent l’athéisme pratique ou le fanatisme tout humain ?

Quelle est la lumière du Seigneur qui doit éclairer tout homme en ce monde (Jean 1. 9) ? C’est le Seigneur lui-même ! il est proche ! il vient !

Notre époque multiplie les chartes et les déclarations. Elles ne suffisent pas puisqu’il faut sans cesse en faire de nouvelles. Après tant d’échecs, souvent monstrueux, les hommes ne sont-ils pas à la veille de reconnaître qu’ils ne pourront survivre que s’ils adoptent quelques valeurs qui leur soient communes, parce que, d’abord, elles les dépassent. Optimisme béat ? Refus du pessimisme tranquille, non, car la dignité de l’homme est en Dieu.

L’Avent nous le dit. Ce temps doit être pour chacun de nous un moment de reprise spirituelle, une espérance ardente dans le Christ, car Dieu se refuse à désespérer de l’homme. Cette reprise permet tout ensemble un recentrement sur le Christ qui accomplit les promesses et la vocation du peuple de Dieu, en même temps qu’un élargissement qui se vit dans les familles et toutes les familles, car le Dieu en son Fils, le Christ est venu pour le monde.

***

La lettre de saint Paul et l’Evangile résonnent de mots qui interdisent toute mièvrerie à ce que nous devons vivre en cet Avent.

« Donne à tes fidèles, Dieu Tout-Puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur. » (Oraison d’ouverture de la messe)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu. Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.

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