Homélie du dimanche 27 mars

Dimanche 27 mars 2016
La Résurrection du Seigneur

Nous sommes aujourd’hui au cœur même du mystère chrétien : « Vous êtes ressuscités avec le Christ. » (Colossiens 3.1)

Deux lectures évangéliques nous sont proposées par l’Eglise. L’une pour la liturgie du matin, la deuxième pour la liturgie en fin de ce dimanche.

Au matin, la lecture nous emmène avec Marie-Madeleine : « Il fait encore sombre. » (Jean 20.1)

En fin de journée, les disciples d’Emmaüs voient clair : « Leurs yeux s’ouvrirent ».

LE MYSTÈRE DE LA LUMIÈRE

L’Eglise se retrouve dans la chambre haute, celle partie sur le chemin, et celle restée à Jérusalem, toutes deux, réunies dans la foi et la lumière. Alors elle dit sa joie et sa foi après les épreuves des jours précédents. Elle parle à l’unisson : « C’est vrai ! Le Seigneur est ressuscité ! »

Leurs yeux et leur cœur se sont ouverts. Le mystère chrétien est essentiellement un mystère de lumière. Cette lumière, dont l’étoile de Bethléem indiquait la naissance, a brillé parmi nous avec une clarté croissante au jour de Pâques.

Les ténèbres du Golgotha n’ont pu l’éteindre. Elle reparaît maintenant parmi nous. Tous les cierges de la nuit pascale allumés durant la liturgie romaine en proclament ce triomphe.

« Jour unique et saint, roi et seigneur des jours, fête des fêtes, solennité des solennités ! » chante la liturgie de l’Eglise d’Orient. Quand le célébrant arrive, tenant un cierge allumé, le chœur chante ce mystère de la lumière divine : «Venez, prenez de la lumière à la lumière sans soir et glorifiez le Christ ressuscité des morts. »

C’est pour la même raison qu’au baptême, dans la liturgie latine romaine, le cierge, remis au nouveau baptisé, est allumé au cierge pascal, qui est le Christ.

JUSQU’AU JOUR SANS DECLIN DE SON ROYAUME

La résurrection physique de Jésus serait pour nous sans valeur si la lumière divine ne resplendissait pas en même temps parmi nous et au-dedans de nous. Nous ne pouvons dignement célébrer la résurrection du Christ que si, dans notre âme, la lumière apportée par le Sauveur, a complètement vaincu les ténèbres de nos péchés.

« Recherchez donc les réalités d’en haut. C’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. » (Lecture de saint Paul aux Colossiens, dans la liturgie romaine(.

L’Eglise en Orient fait entendre à ses fidèles le début de l’évangile selon saint Jean : « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas connue. » Elles ont été impuissantes à maîtriser et à éteindre cette lumière dont nous voyons aujourd’hui le triomphe : « Nous avons vu sa gloire. » (Jean 1.14)

« O Pâque grande et très sainte, ô Christ, Sagesse, Verbe et Puissance de Dieu, donne-nous de communier à toi avec plus de vérité au jour sans déclin de ton Royaume. »

Ce canon de Pâques, attribué à saint Jean Damascène, est alors chanté et c’est alors que les fidèles, comme les apôtres au soir de Pâques, se saluent en disant et répétant : « Le Christ est ressuscité ! En vérité, il est ressuscité ! » (Luc 24. 34)

RESSUSCITES AVEC LE CHRIST

Au matin de Pâques, devant le tombeau vide, Pierre et Jean découvrent qu’il fallait que le Christ ressuscite d’entre les morts (Jean 20. 9)

Au soir, à Emmaüs, les deux disciples désenchantés et lents à croire, entendent leur compagnon de route leur dire : « Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24. 26)

Saint Jean Chrysostome dans son homélie de Pâques qui est lue à la fin de la liturgie de l’Eglise d’Orient rappelle que ceux-là seuls partagent la grâce de la Résurrection du Christ qui ont porté la croix et sont morts avec Lui. Sans la croix, la gloire du Ressuscité ne peut devenir notre part.

Dans le même temps, le Seigneur connaît notre lenteur et la faiblesse de notre foi. Pierre et les autres apôtres ne suivent pas le chemin de croix, sauf Jean avec la Mère de Dieu, Marie.

Ils ne participeront au mysère de la Passion de leur maître, après seulement que la force de sa Résurrection leur aura été communiquée. Notre Seigneur agit de même avec nous. Malgré tout ce dont avons souffert et supporté, nous sommes loin d’avoir aidé Jésus à porter sa croix. Nous avons dormi durant son agonie, nous l’avons abandonné, nous l’avons renié par nos péchés multiples.

Et cependant, si peu préparés, si impurs que nous soyons, Jésus nous invite à entrer dans la joie pascale.

Le pardon et la vie ont jailli du sépulcre vide. Et le Christ ressuscité surmonte tous les obstacles qui s’interposent entre lui et nous. Le soir de Pâques , il entre dans cette chambre haute dont les portes étaient fermées (Jean 20. 19). Il peut entrer dans les âmes qui jusqu’ici lui sont demeurées closes.

Il nous y apporte son message de miséricorde : « Jésus vint, se tint au milieu d’eux et leur dit : La Paix soit avec vous. » (Jean 20. 19)

***

Après la Communion eucharistique, sacrement de la Pâque du Seigneur, la liturgie latine nous fait prier ainsi : « Dieu de toute bonté, ne cesse pas de veiller sur ton Eglise. Déjà les sacrements de la Pâque nous ont régénérés en nous obtenant ton pardon, en nous faisant communier à ta vie. Donne-nous d’entrer dans la lumière de la résurrection. » (Prière après la communion)

Père Jacques Fournier
En proposant diverses lignes de réflexion, ces textes veulent être une réserve de "matériaux" , de "suggestions", pour permettre à chacun , selon le "charisme", une ou plusieurs méditations. Leur auteur a sa vie spirituelle. Chacune et chacun des lecteurs a la sienne selon la grâce de Dieu.
Ces textes peuvent également servir à préparer les homélies des dimanches et fêtes à venir, chaque paragraphe formant un tout en soi.

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