« Le bien commun est plus que la somme des biens individuels » par Mgr Simon, janvier 2008

Simon Hippolyte - Clermont

Il peut paraître étonnant que ce soient les syndicats qui militent pour encadrer strictement le travail du dimanche. Mais, à la réflexion, cet engagement de leur part est peut-être moins étonnant qu’il n’y paraît.

Concernant le travail du dimanche, il est clair que l’Eglise est directement concernée. Notre position est bien connue, et depuis longtemps . Mais en attirant l’attention sur ce point, nous ne nous défendons pas seulement des intérêts « catégoriels ». De toute évidence, nous souhaitons que les catholiques puissent participer librement à l’Eucharistie dominicale. Mais nous pensons aussi à l’importance de la vie de famille. Nous encourageons également la vitalité des mouvements de jeunes. Et nous faisons encore valoir que le culte n’est pas qu’une démarche d’individus juxtaposés. Il est fondateur d’une communauté, et donc de lien social. Il n’est pas étonnant que nous nous retrouvions en accord, sur ce plan, avec d’autres institutions.

Une société qui n’aurait plus de rythmes communs, de temps de « respiration » partagés par le plus grand nombre, gagnerait-elle vraiment en humanité ? Je n’ai pas vécu longtemps en Asie, mais il m’est arrivé de séjourner dans des pays qui ne connaissent pas ce rythme d’un repos hebdomadaire. Est-ce là un modèle qu’il nous faudrait imiter ?

J’entends bien l’argument de la vendeuse qui juge que son temps de travail n’est pas plus long le dimanche que le lundi alors qu’il est payé le double. Son affirmation a la force de évidence. Sauf…sauf si l’on demande : cette vendeuse est-elle seulement employée de magasin ? N’est-elle pas aussi mère de famille ? Il est possible sa journée de travail ne lui paraisse pas plus longue le dimanche que le lundi. Mais ses enfants en pensent quoi ?

Elle est peut-être célibataire. Puis-je alors demander si elle a des petits frères ou des petites sœurs ? Ne serait-elle pas précieuse à la maison pour les aider à organiser leurs loisirs au lieu de traîner dans la rue ? On me dira qu’elle est fille unique. Soit ! Me permettra-t-on, en ce cas, une troisième insistance ? Cette jeune femme ne pourrait-elle pas être responsable d’un mouvement de jeunes ? Et l’expérience pédagogique qu’elle pourrait acquérir dans cette responsabilité ne lui sera-t-elle pas aussi précieuse, dans l’exercice de sa future profession, que les euros qu’elle pourra thésauriser aujourd’hui ?

J’ai bien conscience du caractère un peu simpliste du raisonnement qui précède. Je l’ai tenu pour illustrer simplement ceci : il ne suffit pas que chaque catégorie d’individus réfléchisse « dans son couloir » : les vendeurs avec les vendeurs, les consommateurs avec les consommateurs, les touristes avec les touristes, etc. etc. il faut aussi savoir « penser en diagonale » et considérer que chaque individu est lié à l’ensemble de la société par diverses médiations qui n’apparaissent pas dans les colonnes économiques individuelles. C’est à la condition de prendre en compte l’ensemble de ces médiations que l’on peut penser le bien commun. Il ne suffira donc pas que chaque individu soit en situation de gagner davantage pour créer vraiment du lien social. L’argent est un entremetteur universel. Il peut acheter beaucoup de choses, mais il n’achètera jamais ni l’amour, ni l’affection, ni l’amitié, et jamais, non plus, la citoyenneté.

+ Hippolyte Simon,
Archevêque de Clermont
Janvier 2008

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