JMJ 1997 : « Un message fort a pu passer au monde médiatique. »

Le Père Pierre-Yves Pecqueux, Supérieur du Grand séminaire de Bangui en Centrafrique, actuel Secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France avait été chargé par les évêques de Centrafrique de préparer la délégation de Centrafricains à se rendre dans les diocèses en France.

Quel rôle aviez-vous aux JMJ en 1997 ?

J’ai rejoint l’équipe de communication. Nous étions situés sur le Quai Branly où nous avons accueilli jusqu’à 3000 journalistes. Le responsable du centre de presse était le Père Stanislas Lalanne (NDLR actuel évêque de Pontoise) et nous étions une petite équipe autour de lui.

Notre travail consistait entre autres à monter des tables-rondes, faire l’intermédiaire entre des évêques d’autres continents et les journalistes, et réaliser le suivi des discours du Pape. C’était très organisé, les documents étaient traduits en six ou sept langues. Monseigneur Michel Dubost, alors évêque aux Armées (NDLR actuel administrateur apostolique d’Evry) était chargé de l’organisation des JMJ.

Comment avez-vous vécu les événements ? 

Je suis allé sur un plateau de télévision (LCI) pour commenter la célébration d’ouverture au Champs-de-Mars et en particulier les événements liés aux délégations étrangères. Un message fort a pu passer au monde médiatique. Je ne sais pas si vous imaginez mais c’était les premières années des chaînes en continu. Les journalistes étaient très heureux de parler en direct avec des jeunes. Il y avait beaucoup de bienveillance.

Votre rôle était également d’accompagner la délégation centrafricaine. A-t-il été difficile de la faire venir sur le territoire français ?

Le gouvernement a fait un beau geste. Les visas ont été offerts pour les Africains. Les ambassades avaient reçu un avis favorable pour accueillir les délégations. Cela a une importance liée à la Francophonie car il faut bien se rappeler qu’il n’y a jamais eu de JMJ en Afrique. Les infrastructures ne permettant pas de recevoir un rassemblement d’un ou deux millions de personnes.

La Journée des diocèses a été instituée en 1997. Ont-ils noué des relations avec leurs familles d’accueil ?

Il s’est aussi passé de très belles choses dans les diocèses et dans les familles. Certains anciens séminaristes centrafricains ont gardé contact avec leurs hôtes. Je crois que les JMJ créent le lien, d’une Eglise sans frontière et universelle.

Vous soulignez aussi la formidable organisation des JMJ

Ce fut aussi l’occasion de voir une dévotion de nombreux bénévoles comme les hommes verts qui ont effectué un travail remarquable. Nous avons longuement discuté avec les forces de police qui étaient autour du Parc des Princes. Il nous précisait qu’il y avait un grand contraste avec le public habituel.

Nous avons également eu des retours positifs lors de la célébration du Champs-de-Mars où les éboueurs ont retrouvé des sacs fermés avec un espace quasiment propre. La RATP aussi nous a fait de bons échos, il y avait un ticket spécial pour les JMJ qui permettait de prendre le bus et le métro car beaucoup de jeunes devaient retourner dans les diocèses en périphérie.

Vous constatiez donc un regain de foi…

C’était une des fois où le Pape est venu en France. La personne de Jean-Paul II a marqué les jeunes et a apporté une parole. Il a surtout dit de croire en la vie et en l’Espérance. Je crois aussi que quel que soit le pays, il est toujours impressionnant de voir des célébrations à plusieurs centaines de milliers de personnes.

On ne célèbre pas de la même manière dans une chapelle ou au Parc des Princes et tout doit prendre une autre allure pour être vu et entendu, pour que les symboles soient beaux. On en a appris des choses dans la dynamique liturgique. La première messe – sur le Champs de Mars – avec des milliers de prêtres qui portaient la même étole, c’était visuellement impressionnant !

Avez-vous une petite anecdote à nous faire partager ?

Au discours de Longchamp, le Pape a modifié son texte en direct. Nous avons dû le réécrire, le corriger, et le rapporter en voiture, escortés, de deux motards. Il avait changé une phrase concernant la Saint-Barthélemy puisque nous étions le 24 août et effectivement cela valait le coup de faire une modification. Ce fut intense mais quand l’avion a décollé nous avons fini par décompresser et par boire un whisky.

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