Le concile Vatican II, un renouveau pour les vocations

« Boussole pour notre temps » selon Benoît XVI, le concile Vatican II est particulièrement mis en lumière en ce moment où nous fêtons son 50e anniversaire. Sr Geneviève Comeau, religieuse Xavière et théologienne, nous fait percevoir à quel point ce concile a renouvelé l’approche des vocations dans l’Église et a donné un nouvel élan à la dynamique vocationnelle.
 

Le concile Vatican II, dont nous fêtons le cinquantenaire, a contribué à donner un nouvel élan aux vocations dans l’Église. En effet, il a mis en valeur deux éléments très importants pour une dynamique vocationnelle :
– l’engagement actif de tous les baptisés dans l’Église,
– l’appel universel à la sainteté.
Ces deux éléments sont liés l’un à l’autre, et apparaissent dans la constitution sur l’Église, Lumen Gentium.

L’engagement actif de tous les baptisés se lit dans le chapitre II, Le peuple de Dieu : « L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus auteur du salut, principe d’unité et de paix, Dieu les a appelés, il en a fait l’Église, pour qu’elle soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire » (n° 9). Il s’agit bien de l’ensemble de la communauté chrétienne, de tous ceux qui sont baptisés. C’est avec ce peuple de Dieu, composé de membres divers aux fonctions diverses, que Dieu fait alliance. Dans les chapitres suivants, le Concile précisera les missions des évêques, avec les prêtres et les diacres, puis des laïcs. Ce seront les chapitres III et IV, précédés du chapitre II où il est question de « tous », devenus par le baptême « prêtres, prophètes et rois » avec le Christ, dans la diversité des dons de Dieu. Ce chapitre abonde en images bibliques et invite à la communion et au témoignage.

Vient ensuite le deuxième élément, l’appel universel à la sainteté, dans le chapitre V de Lumen Gentium. Les mots « appel », « appelés », reviennent plusieurs fois dans ce chapitre : « Appelés par Dieu, non au titre de leurs oeuvres mais au titre de son dessein et de sa grâce, justifiés en notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus dans le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par conséquent, réellement saints. Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie » (n° 40). La vocation à la sainteté n’est pas une recherche de perfection, mais un cheminement, dans l’amour, à la suite du Christ pauvre et humble. Là encore, le Concile souligne la diversité des formes : mariage, vie religieuse, ministère ordonné…

Ces deux éléments importants, mis en valeur par Vatican II, disent à la fois l’universalité de l’appel (tous peuvent suivre le Christ et Lui rendre témoignage), et la diversité des chemins.
 

Après Vatican II

Ce renouveau s’est traduit de plusieurs manières :
– Une grande attention a été portée aux communautés chrétiennes (assemblées paroissiales, mouvements d’Église, ou autres types de rassemblements). En effet, le Concile a réveillé la conscience de la dimension communautaire de la vie chrétienne : c’est ensemble que Dieu nous appelle, chacun dans sa singularité.
– Un renouveau de la théologie de l’Esprit Saint a vu le jour en Occident. Il conduit à réconcilier intelligence de la foi et vie spirituelle, et à trouver un style plus existentiel pour parler de la vie chrétienne.
La vie religieuse a connu un aggiornamento : les congrégations religieuses ont été invitées par Paul VI à entreprendre une rénovation de leurs constitutions, selon l’esprit du « retour aux sources » qu’avait préconisé Vatican II dans le décret sur La rénovation et l’adaptation de la vie religieuse. La vie religieuse est un don que l’Église reçoit de Dieu, elle n’est pas une vocation « supérieure » à d’autres, mais elle est le fruit d’un appel à suivre le Christ dans une pratique évangélique avec d’autres, en communauté. De nouvelles formes de vie consacrée se sont développées ces dernières décennies, sans rendre caduques pour autant les plus anciennes.
– La grandeur de la vocation des laïcs a été mise en valeur par Jean-Paul II, en particulier dans l’exhortation apostolique Les laïcs fidèles du Christ, en 1988. Il prend comme fil conducteur l’image de la vigne, qui dit à la fois la relation au Christ (« Je suis la vigne et vous êtes les sarments », Jean 15, 5) et l’appel à la mission (« Je vous ai établis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit », Jean 15, 16). Jean-Paul II lançait un appel à l’approfondissement de la vocation de laïc, dans une perspective d’évangélisation.

Laïcs et ministres ordonnés sont tous sarments de l’unique vigne, tous appelés à la sainteté. Notons que l’appel universel à la sainteté, par la rencontre personnelle de chacun avec le Christ, a été souligné par le synode sur la nouvelle évangélisation.

Au fond, ce qui s’est beaucoup développé depuis le Concile, c’est l’invitation faite à chacun de trouver sa place dans l’Église, en réponse à l’appel singulier du Christ. « Tout homme est une histoire sacrée », chante-t-on avec les mots du poète Didier Rimaud.

Mais comment répondre à cette invitation ? Comment permettre à chacun d’accéder à sa vocation personnelle, et de dire : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 Samuel 3, 9) ?

Deux pistes, parmi d’autres, peuvent être porteuses d’espérance :
– des communautés chrétiennes vivantes, où l’on puisse faire l’expérience de la prière, du service, de la fraternité ;
– des témoins qui soient des figures appelantes. Des figures auxquelles on puisse s’identifier, qui donnent envie de vivre à son tour l’aventure des disciples… et en même temps des personnes qui sachent écouter, accompagner, aider les jeunes à unifier leur vie dans un monde complexe et mouvant.

Sr Geneviève Comeau
Xavière, théologienne

Extrait du dossier d’animation pour la Journée Mondiale de prière pour les vocations, le 21 avril 2013, par le Service National pour Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations (SNEJV).

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