Homélie du cardinal Tauran à Lourdes

jean-louis_tauran_lourdesLe cardinal Jean-Louis Tauran, Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (Saint-Siège), a présidé la messe du 8 novembre 2016, à Lourdes. Venu de Rome, il est intervenu dans l’hémicycle sur le dialogue avec les musulmans pour les évêques réunis en Assemblée plénière.

Les textes qui viennent d’être proclamés me semblent particulièrement indiqués pour une assemblée épiscopale comme la nôtre.

Paul s’apprête  à quitter la Crète, laissant Tite à la tête de la communauté. Il lui suggère les exhortations qu’il devra adresser aux diverses catégories du nouveau peuple de Dieu : jeunes, adultes, anciens, femmes et hommes, les invitant à témoigner de la « singularité chrétienne ».

Elle ne sera crédible que si la communauté – et son Pasteur – parleront le même langage et collaboreront à l’unisson. On ne dit pas Dieu tout seul : on le dit avec les autres. « La sainte doctrine» ne suffit pas pour évangéliser. Enseignement et témoignage vont de pair. Rien d’extraordinaire, seulement la fidélité, la cohérence. Il existe une manière chrétienne de dire « bonjour », « merci ». François de Sales parlait de la « vie quotidienne aux travaux ennuyeux et faciles, mais qui demandent beaucoup d’amour ! »

En vous regardant, je pense à vos responsabilités, mais aussi à la fraternité aux liens qui nous unissent en tant que membres du collège épiscopal. Nous devons  nous aider les uns les autres à devenir toujours davantage signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple. « En la personne des évêques, assistés des prêtres, c’est le Seigneur Jésus-Christ qui est présent au milieu des croyants » (Lumen gentium 28). Qui ne se sentirait pas tout petit face à un tel appel ?

Laissons-nous saisir et modeler par l’Esprit-Saint. Jésus-Christ a voulu avoir besoin de nous et comme Marie, nous ne pouvons qu’être étonnés devant l’audace du Seigneur d’avoir fait appel à  notre collaboration.

En ces temps où l’homme  ne sait plus très bien ce qu’il est et où il va, il est urgent de former nos communautés à aimer à la manière de Jésus-Christ : un style de vie sobre, une disponibilité pour faire un bout de chemin avec ceux que Dieu met sur notre route, le choix du droit et du dialogue pour vaincre la haine sont les pierres de fondation du monde d’aujourd’hui et de demain.

Nous devons être l’Eglise des témoins. Dans la Lettre aux Hébreux,  nous lisons « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans la lutte contre ce qui détruit l’homme » (2-4). Certes, nous ne sommes pas tous appelés au martyre, mais nous ne pouvons pas oublier qu’aujourd’hui encore des frères et sœurs meurent parce qu’ils confessent Jésus-Christ, rédempteur de l’homme. Au milieu d’une nuée de témoins, grâce à tous ces saints anonymes qui nous ont précédés (mères de famille qui ont su transmettre la Bonne nouvelle, ces pères de famille qui ont inculqué à leurs enfants le sens du devoir et du service, ces prêtres et religieux/ses qui ont tous donné pour faire de leur vie une « vivante offrande à la louange de la gloire de Dieu). OUI, grâce à eux, la Lumière qu’est Jésus-Christ a continué de briller.

Nous l’avons reçue ; transmettons-la à notre tour….

Alors un peu grâce à nous, le message de Jésus-Christ et l’action de son Eglise seront pour ces temps incertains ce que, dans le fond, le christianisme a toujours été et sera toujours : une invitation et une source !

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