Colloque OFC 2015 : « Le désenchantement du politique est-il irréversible ? »

Maison des évêques de France à Paris 7e

Intervenants : Blandine KRIEGEL, Père Henri-Jérôme GAGEY, Pierre MANENT, Marcel GAUCHET, Françoise MÉLONIO, Michel SCHNEIDER, Laurent BOUVET, Père Matthieu ROUGÉ, Mgr Pascal WINTZER, archevêque de Poitiers.

Animation : Pierre Cahné, Père Hugues Derycke.

Lors du colloque de l’Observatoire Foi et Culture de 2014, Michel Rocard, ancien Premier ministre, tenait ces propos : « Nous vivons une phase de malaise politique terrible, principalement dû à l’inefficacité du politique en matière de l’organisation de nos vies […]. Ce dont on peut se moquer, faute de pouvoir toucher à Dieu, c’est le politique aujourd’hui. Ce qui aggrave naturellement son impuissance et sa délégitimation. Je représente ici une race de vaincus. Les grands décideurs d’aujourd’hui sont les grands banquiers et les directeurs d’antenne du magazine de 20 heures qui décident de ce qui va passer ou pas passer. Nous, les politiques, on n’a plus ce pouvoir. »

Les catholiques ne peuvent se résoudre, comme bien des citoyens, à constater la mort du politique, son discrédit.

Cependant, seule une analyse des raisons de cette situation permettra de rechercher les remèdes à cette maladie dont sont victimes celles et ceux qui s’engagent pour la cité, mais surtout l’ensemble des citoyens pour lesquels, en l’absence de projet national, d’action et surtout de décision, ce sont ou bien les appartenances particulières qui prendront le dessus ou bien la fin de toute énergie vitale.

« En roulant vers la sanctuaire de la Verna, j’ai pensé que la mort du politique succédait à la mort de la poésie, qui elle-même succédait à la mort de Dieu. Le monde occidental, me disais-je, a fait successivement l’expérience de trois morts : celle de Dieu, de la poésie, et du politique. » Yannick Haenel (écrivain, Prix Interallié 2009, Je cherche l’Italie, L’Infini, Gallimard, 2015, p. 97.