700 ans de la création du diocèse de Montauban

Dimanche 25 juin, Monseigneur Bernard Ginoux évêque de Montauban, a ouvert officiellement la période des manifestations qui célèbreront les 700 ans de la création du diocèse de Montauban.

Mot de Monseigneur Ginoux, évêque de Montauban

Mgr Bernard GINOUXLes anniversaires se fêtent dans la vie des hommes, ils rappellent un point de départ. 700 ans, c’est une période importante dans l’échelle du temps. Entre 1317 et 2017, le diocèse de Montauban a connu bien des changements. Cette ancienneté de son existence est l’occasion pour nous de relire l’histoire et d’en saisir les grands moments. Si elle constitue notre mémoire, elle marque aussi notre présent qui se construit avec elle et plus encore nous permet d’envisager un avenir commun. Nous souhaitons, à l’occasion de cet anniversaire, partager avec tous les Tarn-et-Garonnais ce patrimoine commun, en espérant qu’ils profiteront des manifestations organisées pour mieux connaitre l’histoire du département, des hommes et des femmes qui y ont vécu. Résolument tournés vers l’avenir, nous espérons construire une société plus fraternelle en s’impliquant localement.

Historique

Le premier diocèse de Montauban (1317-1791)

cathédrale_MontaubanPar la bulle Salvator noster datée du 25 juin 1317 en Avignon, le pape cadurcien Jean XXII faisait de Montauban le siège d’un nouvel évêché. Cette fondation s’inscrivait dans le cadre beaucoup plus large d’un remaniement en profondeur de la carte ecclésiastique du Midi de la France, voulue par le pape. La ville elle-même se trouvait dissociée du diocèse de Cahors, alors que le reste de son territoire était pris sur celui de Toulouse. De petite taille, ce diocèse représentait un tiers à peine de l’actuel Tarn-et-Garonne. Il recouvrait la Lomagne autour de Beaumont, puis le territoire entre la Garonne et le Tarn avec Castelsarrasin et Montech, enfin une zone qui, sur la rive droite du Tarn englobait les régions de Villemur et de Montgaillard, aujourd’hui respectivement dans la Haute-Garonne et dans le Tarn. Par rapport à cet ensemble, Montauban occupait une position totalement marginale sur la bordure orientale. Des paroisses proches comme Fonneuve, Léojac ou Falguières appartenaient alors au diocèse de Cahors.

Jean XXII attribua l’évêché de Montauban à l’un de ses anciens élèves à l’université de Toulouse, Bertrand de Bistour, qui était alors abbé du monastère Saint-Théodard, le  »Moustier » de Montauriol, aux portes de Montauban. Mais le nouvel évêque n’entrera jamais en fonction. Après avoir reçu l’ordination épiscopale en Avignon, il mourut subitement sur le chemin du retour à Montauban. La lourde tâche d’organiser le nouveau diocèse reviendra à son successeur, Guillaume de Cardaillac, de la famille des seigneurs de Bioule. En attribuant la direction du diocèse à l’abbé de Saint-Théodard, Jean XXII avait en même temps transformé le vieux monastère en évêché et fait de ses moines les chanoines du nouveau chapitre. Montauban désormais avait sa cathédrale, héritière de l’église abbatiale du Moustier. Après 1317, l’édifice fit l’objet de travaux d’agrandissement, et même sans doute d’une reconstruction totale dans le style gothique.

Au milieu du XVIè siècle, l’irruption de la Réforme protestante est à l’origine d’une crise sans précédent dans le diocèse. Elle avait été préparée en 1556 par la défection de l’évêque Jean de Lettes qui, non content d’adhérer au protestantisme, se maria et partit vivre à Genève, jetant le désarroi dans la population catholique. Le 20 décembre 1561, les Huguenots, maîtres de la ville, incendient la cathédrale de Montauriol après l’avoir entièrement pillée. Les jours suivants voient l’expulsion hors de Montauban de l’évêque, du clergé et des familles « papistes ». En proie aux Guerres de religion, le diocèse est mis à feu et à sang. Le culte catholique ne fut rétabli qu’après la soumission de la ville à Richelieu en 1629. A la fin du XVII° siècle la construction de la nouvelle cathédrale par les meilleurs architectes de Louis XIV symbolise le succès de la Contre-Réforme catholique.

Ce premier diocèse de Montauban a subsisté, à l’intérieur des limites fixées par Jean XXII, jusqu’à la Révolution française. En 1790, un décret de l’Assemblée nationale divisait le pays en 83 départements et rassemblait dans un cadre unique pouvoir civil et pouvoir religieux. Or le Tarn-et-Garonne ne figure pas sur la liste, et Montauban se retrouvera bientôt au rang de simple sous-préfecture du Lot. La ville perd non seulement son intendant général, mais aussi son évêque, Mgr Le Tonnelier de Breteuil. Le magnifique palais épiscopal construit par Mgr de Berthier (actuel musée Ingres ), déclaré bien national, est vendu à la municipalité pour y installer l’hôtel de ville. L’histoire du diocèse aurait pu s’arrêter là.

 La reconstitution de 1808 et le diocèse actuel

Les Montalbanais n’acceptent pas une telle déchéance, et ils vont se tourner vers Napoléon pour obtenir réparation de ce qu’ils considèrent comme une injustice. Au terme de sa visite triomphale à Montauban, le 29 juillet 1808, l’empereur prononce les paroles tant espérées : « J’ai vu avec peine les pertes qu’éprouva ma bonne ville de Montauban. Je la rétablirai dans tous ses droits ». Il tint parole. Quelques temps après, un décret impérial annonçait la création d’un nouveau département, le Tarn-et-Garonne, avec Montauban à sa tête. Et l’article 2 du décret ajoutait : « Il sera établi un évêché à Montauban », tandis que de son côté, le pape Pie VII, par la bulle Supremo pastorali, approuvait cette réérection du siège épiscopal. La carte du nouveau diocèse coïncidait maintenant avec celle du département.

A l’origine, l’empereur avait désigné comme évêque de Montauban un prélat italien, mais il ne se rendit jamais à Montauban à cause du conflit qui opposait alors Napoléon au Saint-Siège. Commence alors, et pour une quinzaine d’années, une longue vacance du siège. Pour l’administration du diocèse, un vicaire général fut choisi, l’abbé de Trelissac qui occupait déjà cette fonction auprès de Mgr Le Tonnelier de Breteuil. Il deviendra lui-même évêque de Montauban par la suite.

Il faudra attendre 1824 pour voir enfin arriver dans la ville Mgr de Cheverus, ancien évêque de Boston aux Etats Unis. A cette occasion, une ordonnance royale prescrivit au département l’achat de l’hôtel d’Aliès de Réalville (l’actuel hôtel de ville) pour y installer l’évêché. En 1905, Mgr Fiard s’en vit expulsé et, comme en 1791, le bâtiment fut reconverti en hôtel de ville. L’histoire aime se répéter parfois. Ensuite Mgr Marty se rendit acquéreur du domaine et du château de Montauriol, marquant ainsi le retour de la résidence épiscopale à son premier emplacement. Enfin Mgr de Courrèges les céda en 1974 au conseil général de Tarn-et-Garonne et transféra l’évêché dans le couvent des missionnaires diocésains à côté de la chapelle de l’Immaculée Conception.

Jean-Claude Fau

Les grandes dates à retenir

Vendredi 7 juillet : Vernissage de l’exposition – église saint-Joseph à Montauban (19h).

Samedi 12 et dimanche 13 août : Concert de Grégorien par le groupe Jubilate à la cathédrale.

Mardi 15 août : Assomption : Marie et le diocèse, à la cathédrale.

Samedi 16 et dimanche 17 septembre : Journées européennes du patrimoine. Plaque commémorative scellée sur les églises avec les communes. Concerts décentralisés.

Dimanche 24 septembre : rallye

Vendredi 6 et samedi 7 octobre : Colloque historique.

Dimanche 26 novembre : Clôture des 700 ans.

Décembre : Lancement et plantation des 700 arbres pour les 700 ans.

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