Petits chanteurs et missionnaires de l’Epiphanie

chanteurs_étoile_crèche2Pendant l’Avent et l’Epiphanie, des groupes d’enfants participent à la démarche missionnaire des « Chanteurs à l’Etoile ». Passant de maison en maison, ils annoncent la joie de Noël tout en participant à une action de solidarité. Par Chantal Joly.

Le 10 décembre, de 14h à 16h, dans le village de Lampertheim (Bas-Rhin), des rois mages, des bergers et des anges, ont frappé aux portes en chantant. Ces porteurs de la Bonne Nouvelle étaient des enfants, une trentaine, en cours de préparation du sacrement de réconciliation ou de leur première communion, officiellement envoyés au cours d’une célébration par leur curé. Si leurs hôtes le souhaitent, l’un des visiteurs, parfois avec un adulte, bénit alors le lieu avec cette formule : « Que la paix soit dans cette maison et dans le cœur de tous ceux qui y habitent ». Souvent, les petits groupes, attendus à un goûter, repartent avec des friandises et surtout des dons destinés à d’autres enfants du monde. Leurs vêtements, confectionnés grâce à leur propre ingéniosité et au talent des mères et grands-mères, ne sont  pas aussi somptueux que ceux vendus en Suisse romande où cette tradition de bénédiction des maisons le jour de l’Epiphanie a été  reprise en 2005, mais l’essentiel est là : offrir joie, paix et le sens sacré du partage.

Voilà cinq ans que cette action dite des « Chanteurs à l’Etoile » est menée par la communauté de paroisses « Porte Nord de Strasbourg ». Sylvie Schott, coopératrice de la pastorale des enfants et des jeunes, y voit une occasion de catéchèse et une expérience de vie : « Les enfants se rendent compte qu’ils apportent du bonheur notamment aux personnes seules. Dans l’ensemble, les gens sont bienveillants. Les enfants sont également contents de voir que leur argent, apporté en offrande à la messe le jour de l’Epiphanie, est utile et c’est une action qui permet de motiver les parents ».

chanteurs_étoileMissionnaires et évangélisateurs

« Il y a un aspect ludique, se déguiser, chanter, être ensemble en petit groupe ; c’est joyeux. En plus, leur quête n’est pas quelconque : c’est intéressant que des enfants quêtent pour d’autres enfants », ajoute  Simon Klaus-Martin, chargé de la Mission Universelle dans le diocèse. Avec des Allemands et des Suisses, des Alsaciens se produisent chaque année le 7 janvier au matin à Europa-Park, en Allemagne. Là-bas, les Chanteurs à l’Etoile sont une institution. Ils sont reçus par la chancelière, produisent un clip de leurs chansons, etc.

En France, une cinquantaine de groupes existent, surtout de l’autre côté de la frontière, et Simon Klaus-Martin travaille à les multiplier. « Pour nous, explique-t-il, ce serait à développer car c’est une mission à l’extérieur du bâtiment de l’Eglise et une activité qui peut être proposée entre la première communion et la confirmation, entre autres aux enfants de chœur ». De fait, à Offendorf (Bas-Rhin), un nouveau groupe constitué de servants d’autel passera pour la première fois dans les rues, dimanche 8  janvier, après celui d’Herrlisheim (Haut-Rhin) la veille. Raymonde Gross, catéchiste, responsable du groupe des servants d’autel de la communauté de paroisses Herrlisheim-Offendorf témoigne de « la chance inouïe » qu’a eue le groupe d’Herrlisheim d’aller à l’Europa-Park, les enfants s’étant remotivés pour solliciter la générosité des habitants de leur commune malgré deux années consécutives de pluie.

Simon Klaus-Martin raconte qu’un jour, un prêtre de Stuttgart s’inquiétait de ne pas voir revenir les enfants d’un quartier neuf. Ils avaient été retenus à déjeuner par des immigrés orthodoxes qui fêtaient le Noël russe ! « C’est aussi, conclut-il, une façon d’élargir leur vue sur l’Eglise universelle ».

Les enfants aident les enfants

Les Chanteurs à l’Etoile existent dans 130 pays du monde. Cette action de solidarité est reconnue par l’UNESCO comme élément du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Avec la campagne 2016/2017, les enfants sont invités à soutenir le projet de Missio-Enfance de sœur Dora dans le diocèse de Maralal, au Kenya.

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