Décès du Cardinal Arns, archevêque émérite de São Paulo

Paulo_ArnsArchevêque émérite de São Paulo (Brésil), le cardinal Paulo Arns est décédé cette semaine et sera enterré vendredi 16 décembre 2016. Voici quelques lignes d’hommage écrites par Antoine Guérin, prêtre français, fidei donum du Prado, en poste à Joao Pessoa, dans le Nordeste du Brésil. 

Le Cardinal Paulo Evaristo Arns sera enterré ce vendredi 16 décembre.

Le Brésil est en deuil, car il vient de perdre un des derniers prophètes qui a marqué profondément l’Église et la société brésilienne. Il est vrai qu’un prophète ne meurt jamais!

Paulo était le cinquième d’une famille de 14 enfants son père agriculteur lui disait: « Paulo, n’aie jamais honte de dire que tu es le fils d’un paysan! » Longtemps après, quand il terminera ses études à la Sorbonne, il enverra un télégramme à son père, disant: « Le fils du paysan est docteur de l’Université de Paris et il n’oublie pas la recommandation de son père. »

Paulo Arns, devenu franciscain, prêtre, évêque, cardinal, sera  l’homme des pauvres, des exclus, des maltraités. Ce mystique et intellectuel raffiné, toujours attentif aux aspirations de son temps, aura toujours comme orientation de sa vie, l’option préférentielle pour les pauvres. Comme Archevêque de São Paulo, il vend le palais épiscopal pour acheter des terrains afin que des familles pauvres puissent avoir leur maison. Il  fera construire un centre pour accueillir les enfants victimes du sida.

C’est surtout pendant la dictature, à partir de 1964,  qu’il montrera son engagement profond au service de la justice et de la vérité. Il défendra les prisonniers politiques et les Droits de l’Homme, n’hésitant pas à téléphoner au ministre de la justice en lui donnant des noms de disparus et lui demandant: « Où sont-ils? »

Il est à l’origine du très célèbre rapport « JAMAIS PLUS! ». C’est le résultat d’une longue enquête sur les tortures, les enlèvements, les droits de l’homme bafoués.

Cet homme d’espérance, apôtre de la justice et de la paix, ne voulait pas d’une Église repliée sur elle-même. L’annonce de l’Évangile se faisait en actes, les paroles venaient ensuite.

Le Brésil pleure. Mais il est fier de ce fils qui a su vivre pleinement ce que Saint Paul écrivait: « Une foi agissant par l’amour ». (Gal 5,6)

Père Antoine Guérin

Ancien secrétaire du CEFAL à Paris pour l’Eglise de France (aujourd’hui Service de la Mission universelle, Amérique latine)

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