Frères missionnaires de Mère Teresa

Frère_ Michel_mc_portraitAutant l’aura de leur fondatrice est grande, autant leur présence auprès des plus démunis est mal connue. A l’occasion de la canonisation de Mère Teresa, le 4 septembre 2016, à Rome, Frère Michel, régional pour l’Europe des Frères Missionnaires de la Charité, témoigne de ce qu’il vit à Paris. Par Chantal Joly.

Une petite photo noir et blanc de Mère Teresa (1910-1997) dans la chapelle, du mobilier ultra simple, une cour intérieure sans vis-à-vis où pousse au printemps une somptueuse glycine… Dans les locaux de ce qui était auparavant la Mission Suisse à Paris 15ème, six Frères Missionnaires de la Charité reçoivent depuis 1998 les plus en détresse de la capitale.

Leurs capacités sont modestes : un accueil de jour trois fois par semaine et un accueil d’ « urgence » – M. y vit depuis 16 ans ! – de 12 places. Des personnes sans domicile fixe nous sont envoyées par des services sociaux, telle paroisse donne notre adresse, le centre hospitalier Sainte-Anne nous sollicite pour un hébergement après traitement ou bien nous ramenons quelqu’un à l’issue de nos maraudes (quatre matins par semaine, dans le métro, les gares et les places, par équipe de deux avec un réseau de bénévoles et parfois des séminaristes du diocèse en mission pastorale), explique Frère Michel. « Drogue, alcool, ruptures familiales, problèmes psychologiques, extrême solitude… C’est, commente-t-il, la pauvreté avec un grand P ».

Face à ces situations, les Frères accueillent chacun avec la grâce de leur vocation. « Chaque personne est unique, arrive avec sa propre histoire, va à son propre rythme. Nous essayons de créer à leur intention un esprit de famille et d’être un lieu de guérison intérieure en les portant par la prière. Nous avons beaucoup d’échecs mais il y a aussi des clins d’œil du Seigneur dont nous ne sommes que des instruments. C’est la Providence qui gère », témoigne-t-il.

Petit exemple récent : l’hébergement de deux jeunes errants, de 19 et 21 ans. L’un s’est stabilisé en couple dans sa belle-famille et a pu suivre une formation avec la SNCF. Et l’autre a trouvé un hébergement via la Conférence St-Vincent-de-Paul et un poste de maintenance dans une clinique grâce à une religieuse infirmière.

L’aura de Mère Teresa est toujours là. Elle attire comme un aimant

Frère Michel, qui a toujours désiré être missionnaire et « disciple de François d’Assise », a quitté le séminaire des Pères Blancs de Lille à l’issue de vacances de Noël passées chez les Frères Missionnaires de la Charité. Après avoir expérimenté « radicalité de la pauvreté authentique, une vie très très simple », « j’ai compris tout de suite, dit-il, que ma place serait là ».

C’est un petit livre sur Mère Teresa qui fut le déclic. Frère Michel a eu le privilège de la rencontrer une fois en Angleterre. « Elle avait, raconte-t-il, 83 ans et deux côtes cassées mais elle a commencé par nous servir avec la bouilloire comme une mère puis elle a parlé 45 minutes de choses très simples. J’ai senti quelque chose de très spécial, qu’elle était vraiment habitée par Dieu ». Quant au célèbre mouroir de Kalighat à Calcutta, Frère Michel témoigne y avoir vu des jeunes Américains et Japonais donner des bains, faire des soins et être présents tous les matins à la messe de 7h. « Nés dans l’athéisme matérialiste, ils veulent, constate-t-il, revenir à l’essentiel et l’aura de Mère Teresa est toujours là. Elle attire comme un aimant ».

D’où leur accord pour aller en parler dans des paroisses et des établissements scolaires. C’est l’une des priorités de leur dernier chapitre : être visible. Le 3 septembre, veille de la canonisation de Mère Teresa à Rome, la communauté organisera une veillée de prière à l’église St-Léon (Paris 15ème).

enfants_mère_teresa_statue_inde400 Frères dans le monde

Co-fondés en 1963 par Mère Teresa et l’australien Frère Andrew (ancien Jésuite), les Missionnaires de la Charité, d’obédience ignacienne, sont 400 dans le monde dont, en toute logique, 2/3 d’Indiens pour 75 communautés. De fait, celles-ci sont internationales comme celle de Paris composée de deux Indiens (frère Manoj et frère Jimmy, le supérieur), deux Italiens (frère Pierre et frère Gennaro), un Hollandais (frère Antoine) et un Français (frère Michel). Les vocations naissent actuellement en l’Inde, en Asie (Philippines, Corée du Sud…) mais aussi en Haïti. Tous les Frères suivent une formation spirituelle intensive de neuf mois à Calcutta, suivie de trente jours de retraite ignacienne.

 

 

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