Peine de mort et Etat de droit

logo_commission_internationale_peine_mortCe matin, le Pape François a reçu une délégation de la Commission internationale contre la peine de mort, à laquelle il a remis un document dans lequel il propose quelques réflexions sur la contribution de l’Eglise.

« Sur la base de l’Ecriture et de l’expérience millénaire du peuple de Dieu, le magistère défend la vie de sa conception à la mort naturelle, soutenant ainsi la dignité de la personne comme image de Dieu. La vie humaine est sacrée dès son premier instant car fruit de l’action créatrice de Dieu ». Les états peuvent tuer légalement lorsqu’ils appliquent la peine capitale, portent les peuples à la guerre ou procèdent à des exécutions sommaires. Ils peuvent aussi tuer par omission lorsque les gens sont privés des moyens essentiels à l’existence… Il est parfois nécessaire de réagir pour faire cesser une agression, mais il faut être modérés dans l’usage de la légitime défense. Les conditions de la légitime défense personnelle ne sont pas applicable au niveau général sans courir le risque de débats. En appliquant la peine de mort on tue des personnes pour des crimes passés, alors qu’elles ont été neutralisées par la privation de leur liberté. La peine capitale est aujourd’hui inacceptable, quelque soit la gravité du crime, car elle constitue une violation de la vie et de la dignité de la personne, et contredit le dessein de Dieu envers l’humanité, entrave sa justice et sa miséricorde… Elle ne rend pas justice aux victimes mais appelle la vengeance. Pour un état de droit, elle représente un échec dans la mesure où elle l’oblige à tuer au nom de la justice… La justice ne se rend pas en tuant un être humain… La peine capitale enlève au condamné toute possibilité de repentir ou de réparation, y compris celle de la confession et de la conversion intérieure, de la contrition qui porte à l’expiation en vue d’obtenir la miséricorde de Dieu… Outil fréquent des régimes totalitaires ou des groupes fanatiques, la peine de mort sert à éliminer les dissidents comme tout individu jugé dangereux ou considéré comme pouvant être une menace… La peine capitale est donc contraire à l’humanité et à la miséricorde divine, qui doit servir de modèle à la justice des hommes… On entend même discuter des moyens d’appliquer au mieux cette peine, et les diverses méthodes élaborées au cours de l’histoire ont voulu défendre l’idée d’alléger les souffrances du condamné et en réduire l’agonie. Non, il n’existe aucune forme humaine de tuer quelqu’un… Par ailleurs la perpétuité, qui empêche le condamné d’envisager un avenir de vie, constitue une peine de mort…car il est privé de l’espérance. Or si la justice peut décider de la durée d’une peine, elle ne peut éteindre l’espérance ».

Au final, le Pape a encouragé ses hôtes à poursuivre leur action car le monde a besoin de témoins de la miséricorde et de la tendresse de Dieu.

Source : VIS du 20 mars 2015.

Sur le même thème

  • logo_cef_rvb_horizontal

    Droits de l’Homme

    C’est en 1963 avec l’encyclique Pacem in terris puis avec le concile Vatican II et particulièrement la Déclaration sur la liberté religieuse de 1965 que l’Eglise catholique ouvre la porte aux droits de l’Homme. Jusque-là, elle plaidait pour les droits de Dieu face auquel l’homme n’a que des devoirs. L’encyclique s’engage d’entrée sur un chapitre […]