Mgr Wintzer : « L’être humain n’a pas été créé hors sol »

Logo cef - Foi CultureL’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France tiendra son 5ème colloque le 29 novembre 2014 à Paris. Il aura pour thème : « Sauver la création. Ecologie, enjeu spirituel ». Décryptage par le Responsable de l’OFC, Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers.

Quel est le thème du colloque 2014 de l’OFC ?

Cette année, l’OFC organise son 5ème colloque. En effet, on pourrait se demander pourquoi cette instance qui s’occupe des questions culturelles a choisi ce sujet de l’écologie. C’est une manière de souligner que la question de l’écologie n’est pas qu’une problématique technique, qu’elle ne concerne pas que des enjeux purement scientifiques mais bien un projet global pour la société et la place de l’homme dans cette société. Ne laisser cette question qu’aux seuls techniciens, c’est devenir esclave de la technique. Elle est à notre service mais cependant elle doit rester sous la conduite de la réflexion humaine.

L’enjeu est aussi spirituel…

En effet, le titre du colloque est « Sauver la création ». On retrouve la terminologie chrétienne : Il est question du « salut » et de la « création ». Le sous-titre est « Ecologie, enjeu spirituel ». Là aussi, comme on donne à la culture une signification vaste – la place de l’homme dans l’univers – la question écologique doit avoir toute son ampleur. La question spirituelle ne concerne pas que les actes comme la prière mais bien le sens que l’homme donne à sa vie. Le colloque est organisé par l’Observatoire des évêques catholiques de France, c’est donc bien un regard de catholiques que nous portons, même si nous interrogeons des personnes qui peuvent avoir des liens divers avec cette Eglise catholique.

Quels intervenants participeront à cette journée ?

Nous avons invité plutôt des personnes qui ont une compétence dans le domaine de l’écologie au sens large et qui ont fait des choix concrets dans leurs propres vies. C’est à ce titre-là qu’elles sont invitées. Sachant aussi que la plupart d’entre elles ont déjà été rencontrées et se sont exprimées dans des assemblées où sont présents des croyants.

Il y a deux temps dans le colloque. La matinée est essentiellement sur le mode de la réflexion, afin de fonder dans le réel les questions qui se posent aujourd’hui. L’après-midi, la parole sera donnée à des personnes qui vivent des engagements concrets. Ce sont plutôt des acteurs qui prennent des engagements locaux, dans la vie religieuse, aussi au sein de réseaux chrétiens, des hommes et des femmes qui adoptent de nouveaux modes de vie, pour reprendre une expression déjà ancienne, en référence au texte des années 80 (1). Finalement, c’est cette question-là qui est posée.

Certains refusent de voir la réalité : « La croissance va revenir », « On va trouver de nouvelles sources énergétiques : gaz de schiste ou autres ». Peut-être. Mais je pense que ne répondre que de cette manière-là, c’est aussi ne pas se poser la question d’autres modes de développement.

Y-a-t-il un « effet pape François » sur les questions de sauvegarde de la création ?

Sur le sujet, le pape François ne s’est pas encore exprimé d’une manière globale. On attend un texte important – on parle d’une encyclique. Mais le pape Francois se situe dans une lignée. Un des grands textes de Benoît XVI, son message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2010, est un texte argumenté autour de la question écologique. Bien entendu le nom du pape François exprime le choix de la pauvreté et rappelle que la vie de l’homme est inscrite dans un cosmos qui lui préexiste : l’être humain n’a pas été créé hors sol. Si je lis bien la Bible, il me semble qu’avant que ne soit créé l’Homme, a d’abord été créé tout un univers peuplé d’êtres vivants.

"Pour de nouveaux modes de vie", déclaration du Conseil permanent de l’épiscopat français sur la conjoncture économique et sociale, 22 septembre 1982, édition Le Centurion.

Mgr Pascal Wintzer, achevêque de PoitiersUn évêque en selle

Vicaire général à Rouen, Mgr Wintzer était uniquement en ville et se déplaçait souvent à vélo. Nommé depuis archevêque d’un diocèse rural, il privilégie le train, ce qui lui permet aussi de travailler ! « Sans doute que je fais couler le robinet de ma salle de bain plus longtemps que je ne le devrais… » reconnaît-il.

Sur le même thème

  • 26 Novembre 2008: Panneaux solaires couvrant le toit de la salle PVI près de la basilique Saint Pierre, Rome, Vatican

    Développement durable

    Nos sociétés sont aujourd’hui confrontées au défi majeur d’imaginer et de mettre en place un développement durable et viable pour les générations présentes et futures. Ce défi appelle une transition radicale au niveau écologique et au niveau sociétal. Les Chrétiens se sentent directement concernés par ce défi et veulent participer à ce grand débat de […]

  • spectacle

    Culture