Benoît XVI : « Le Suaire est une icône écrite avec le sang »

En visite pastorale à Turin (Italie), le 2 mai 2010, le pape Benoît XVI a célébré la messe place St-Charles. Il y a rencontré les jeunes du diocèse puis s’est rendu à la cathédrale pour y vénérer le Saint Suaire. Il a ensuite rencontré des malades.
Accueilli par le chapitre métropolitain, le pape Benoît XVI a d’abord adoré le Saint Sacrement, avant de rejoindre l’autel majeur pour vénérer le Saint Suaire. Puis il a lu sa méditation intitulée « Le mystère du Samedi Saint », en lien avec le thème de l’ostension : « Passio Christi, Passio Hominis ».
« Le Saint Suaire est l’icône de ce mystère… Il s’agit effectivement d’un linceul qui a enveloppé la dépouille d’un homme crucifié correspondant totalement à ce que les Evangiles disent de Jésus… Le samedi saint est le jour où Dieu se cache… A notre époque et spécialement après avoir traversé le siècle passé, l’humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint. Le fait de cacher Dieu fait partie de la spiritualité de l’homme contemporain, de manière existentielle, presque inconsciente, comme un vide dans la cour, qui n’a cessé de s’agrandir… Après les deux guerres mondiales, les camps de concentration et les goulags, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue plus encore un Samedi Saint: l’obscurité d’aujourd’hui interpelle tous ceux qui s’interrogent sur la vie, et nous, les croyants, en particulier. Cette obscurité nous atteint nous aussi » a-t-il déclaré.

« Toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth, a un aspect contraire, totalement positif, source de consolation et d’espérance. Je pense ainsi au Saint Suaire qui est comme un document photographique doté d’un positif et d’un négatif. Et c’est exactement cela: le mystère le plus obscur de la foi est en même temps le signe le plus lumineux d’une espérance qui n’a pas de frontières. Le Samedi Saint est un « no man’s land », entre la mort et la résurrection, mais sur ce « no man’s land », Un seul est entré et l’a traversée avec les signes de sa passion pour l’homme… En ce temps au-delà du temps, Jésus-Christ est descendu aux enfers… Dieu fait homme est arrivé au point d’entrer dans la solitude extrême et absolue de l’homme, où aucun rayon d’amour n’arrive, où règne l’abandon total sans aucune parole de réconfort: les enfers. Jésus-Christ, en restant dans la mort, a passé la porte de cette ultime solitude pour nous guider dans notre traversée avec lui… L’être humain vit parce qu’il est aimé et peut aimer. Et si, même dans l’espace de la mort, l’amour a pénétré, alors là aussi la vie est entrée. A l’heure de l’extrême solitude, nous ne serons jamais seuls: « Passio Christi, Passio Hominis ». Voilà quel est le mystère du Samedi Saint! C’est précisément de là, de l’obscurité de la mort du Fils de Dieu, qu’a surgi la lumière d’une espérance nouvelle: la lumière de la Résurrection. Et voilà, il me semble qu’en regardant ce tissu sacré avec les yeux de la foi, on perçoit quelque chose de cette lumière… C’est le pouvoir du Saint Suaire: du visage de cet « homme des douleurs » qui porte sur lui la passion de l’homme de tout temps et de tout lieu, avec nos passions, nos souffrances, nos difficultés et nos péchés…émane une majesté solennelle, une seigneurie paradoxale » a pousuivi le pape.

« Comment nous parle le Suaire? s’est interrogé Benoît XVI. Il parle avec le sang et le sang est la vie! Le Suaire est une icône écrite avec le sang, le sang d’un homme flagellé, couronné d’épines, crucifié et blessé au côté droit. L’image imprimée sur le Suaire est celle d’un mort, mais le sang parle de sa vie. Toute trace de sang parle d’amour et de vie… C’est comme une source qui murmure dans le silence et nous pouvons…l’entendre, dans le silence du Samedi Saint ».

Après sa méditation, Benoît XVI a salué les moniales cloîtrées des divers monastères du diocèse ainsi que les membres du Comité du Saint Suaire, avant de se rendre à l’hôpital « Cottolengo – Maison de la Divine Providence », pour y rencontrer les malades.

Source : VIS

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