Bioéthique - 25 janvier 2011

On ne légalise pas l'ultime

 

Soins palliatifs
Un ami est mort. Implacable maladie ! Comme tant d'autres, il a oscillé légitimement entre un "vouloir mourir" et un "vouloir vivre". Comme tant d'autres, son combat n'a pas été médiatisé. Comme tant d'autres, lui et les siens ont pensé A, puis B, quant à la façon d'envisager l'ultime. Comme tant d'autres, il ne glosait pas sur la souffrance, mais l'habitait de manière ô combien digne.

Comme chacun de nous, l'acharnement thérapeutique le révulsait. Comme, hélas, encore trop peu d'autres, il fut accueilli en soins palliatifs lucide et responsable, et non quand tout était foutu.

Mmes et Mrs les Sénateurs, certains d'entre vous prônaient l'euthanasie active. Que font-ils de mon ami ? Comme tant d'autres, il n'entre pas dans ces "catégories". Une législation de cette gravité se construit-elle à l'aune de sondages? A t'on fait le juste état des moyens palliatifs ? Beaucoup de choses doivent être légalisées en un Etat de droit. Mais pas ce qui relève de la plus intime,la plus ultime,et la plus sacrée, des vulnérabilités existentielles !

Mgr Bernard Podvin.
Porte-parole de la Conférence des évêques de France.
 
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